En couverture

Une «paix froide» avec la Silicon Valley

ChallengesGilles Fontaine
Dans la Trump Tower, le 14 décembre. Parmi les invités (de g. à dr.), Peter Thiel (PayPal), Tim Cook (Apple), Safra Catz (Oracle) et Elon Musk (Tesla).
Shanon Stapleton/Reuters
Le président élu a reçu le gratin de la Tech américaine à New York pour une séance de réconciliation. Ambiance fraîche.
Il n’y a pas d’autres personnes comme vous dans le monde! » Oubliées les attaques et les menaces qui ont rythmé la campagne présidentielle. Le 14 décembre dernier, le président élu Donald Trump et les siens ont reçu à New York, dans la Trump Tower, treize personnalités parmi les plus puissantes de la Tech américaine. De Larry Page, le fondateur de Google, à Sheryl Sandberg, la directrice de Facebook, en passant par le patron d’Apple, Tim Cook, celui d’Amazon, Jeff Bezos, ou encore de Microsoft, Satya Nadella, tous avaient fait le déplacement pour cette séance de réconciliation, autour d’une vaste table rectangulaire où siégeaient en bonne place les trois enfants adultes et le gendre de Donald Trump.
A la gauche du 45e président américain était assis celui sans qui cette rencontre n’aurait jamais eu lieu, Peter Thiel, investisseur et cofondateur de PayPal. « C’est le Talleyrand de la Silicon Valley, il est parvenu à refaire avec Trump le fameux dîner qui avait été organisé en l’honneur de Barack après son élection », analyse Georges Nahon, président d’Orange Labs, la cellule de veille de l’opérateur à San Francisco. Rien à voir cependant avec l’ambiance chaleureuse du dîner entre amis. La réunion de la Trump Tower s’apparentait plutôt à une « paix froide. »
Aucune de ces personnalités n’a soutenu l’homme d’affaires, beaucoup ont même ouvertement appuyé la candidature d’Hillary Clinton. Traditionnellement démocrate, la Silicon Valley a largement profité, pendant huit ans, des mansuétudes de l’administration Obama où elle avait placé quelques-uns des siens. En signe d’apaisement, l’équipe de transition de Trump a intégré deux nouvelles personnalités qui conseilleront le président sur sa politique économique : Travis Kalanick, PDG d’Uber, et Elon Musk, PDG de Tesla, devenu subitement l’un des plus fervents supporteurs du nouveau locataire de la Maison-Blanche.
Tout ce petit monde de la Tech espère convertir le camp Trump à sa vision englobant la neutralité du Net, l’emploi d’ingénieurs étrangers, la Chine ou la fiscalité. La nouvelle équipe présidentielle sait qu’elle a affaire à l’un des lobbys les plus efficaces du monde.
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir