Stratégie

Nice investit pied à pied

ChallengesAntoine Izambard
Mario Balotelli, le 3 novembre, à Nice. La star italienne est payée 450 000 euros brut par mois.
Claude Paris/AP/Sipa
Joueurs-vedettes, centre d’entraînement, transferts lucratifs... Dopé par son actionnariat chinois et américain, le club de foot niçois caracole en tête de la Ligue 1.
C’est la grosse surprise de la première partie de saison. L’OGC Nice, et ses 42 millions d’euros de budget, est en tête de la Ligue 1 de football, avec cinq points d’avance sur le Paris Saint- Germain et son budget astronomique de 550 millions d’euros. Ce début de championnat canon pour un club plus habitué au milieu de tableau s’explique d’abord par un marché des transferts réussi cet été. Pourtant, à la sortie d’une saison conclue à la quatrième place, les Niçois voient partir simultanément Claude Puel, leur entraîneur, et Hatem Ben Arfa, leur maître à jouer. Mais ces départs seront avantageusement remplacés. Les décideurs niçois parviennent à séduire une pointure au poste d’entraîneur avec le suisse Lucien Favre, et sur le terrain, une star internationale : le sulfureux Italien Mario Balotelli .
« Nous avons bien vendu certains joueurs et l’arrivée de nos nouveaux actionnaires nous a donné un peu d’air sur le plan financier », explique Jean-Pierre Rivère, président du club depuis 2011.
Trésorerie renflouée
En l’occurrence, deux Chinois, Alex Zheng et Chien Lee, et un Américain, Paul Conway, spécialisés dans l’hôtellerie, l’immobilier et le tourisme ont acquis 80 % du club pour 20 millions d’euros en juin, Jean- Pierre Rivère conservant le reste du capital. Ils ont renfloué la trésorerie, ce qui a permis à l’OGC Nice de franchir une étape salariale. Ainsi, Mario Balotelli perçoit 450 000 euros brut par mois, soit 300 000 de plus que Hatem Ben Arfa la saison passée. Et Lucien Favre, avec 200 000 euros brut mensuels, est le troisième entraîneur le mieux payé de Ligue 1.
La réussite actuelle tient aussi à la stratégie mise en place depuis l’arrivée de Jean-Pierre Rivère, que les nouveaux actionnaires ont choisi de maintenir en poste. Celui qui a fait fortune dans l’immobilier a d’abord joué les bâtisseurs en accélérant l’arrivée du club dans le nouveau stade de l’Allianz Riviera, signé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Puis en lançant la construction d’un centre d’entraînement de 15 millions d’euros inauguré en juin prochain. « Les bases sont là », se félicite-t-il. A terme, la formation des jeunes footballeurs doit alimenter 50 % des effectifs de l’équipe première.
Perspectives asiatiques
Ce système de formation est également au coeur de la stratégie niçoise pour se positionner sur le marché des transferts avec déjà de belles réussites comme le défenseur Jordan Amavi parti l’été dernier en Angleterre contre 15 millions d’euros ou celle du joueur de 17 ans Malang Sarr dont la clause libératoire a été fixée par le club à 50 millions d’euros. « Le business model de l’OGC Nice est bon, estime Luc Dayan, ex-président du FC Nantes et du RC Lens. Le club se construit étape par étape. Il possède de bonnes infrastructures, la formation des joueurs est de qualité et, avec l’appui des nouveaux actionnaires, les Niçois peuvent maintenant recruter haut de gamme. C’est le bon cocktail. » Un avis que partagent les fans de l’OGC Nice. « Le club se développe bien à tous les niveaux, on se retrouve totalement dans cette stratégie », abonde Solange Claude, présidente du Club des supporters.
L’arrivée des nouveaux actionnaires ouvre enfin des perspectives de développement en Asie. « Nous voulons faire connaître Nice en Chine, en construisant un centre d’entraînement là-bas », précise Chien Lee, actionnaire majoritaire et président du conseil de surveillance. En attendant, l’OGCN porte déjà la marque de ce changement actionnarial puisque le premier voyagiste chinois (Ctrip) était sponsor des maillots azuréens lors des matchs européens. Une compétition dont le club a été écarté prématurément.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir