Dossier

Le CV reste un outil indispensable, qui répond au profil numérique

ChallengesHERVÉ BOMMELAER, expert en outplacement, associé à Enjeux Dirigeants. V. P.
Challenges. Le CV est-il en train de mourir, comme l’affirment certains spécialistes en recrutement digital? Hervé Bommelaer. Non, je ne crois pas. J’accompagne de nombreux cadres dans leur recherche d’emploi, et pas un seul ne trouve un job sans présenter son CV. C’est un rituel : le recruteur doit voir le CV. En revanche, les nouvelles technologies ont fait évoluer ce marché, et les candidats doivent en tenir compte. Avec 12,8 millions d’utilisateurs revendiqués en France, LinkedIn est devenu incontournable. En 2004, lorsque je demandais « Qui est sur LinkedIn? » les réponses positives se comptaient sur les doigts d’une main. Aujourd’hui, le rapport s’est inversé. C’est lorsque je demande « Qui n’est pas sur LinkedIn ? », que quelques rares mains se lèvent.
Faut-il privilégier l’un plutôt que l’autre?
Les deux sont complémentaires. Le CV est peu diffusé, envoyé à une centaine tout au plus de personnes triées sur le volet (DRH, chasseurs de tête, recruteurs), dans une démarche proactive de recherche d’emploi. Il est beaucoup plus confidentiel que le profil LinkedIn. C’est un outil très ciblé, qui s’adapte au poste recherché. LinkedIn est une vitrine. Dès qu’un recruteur s’intéresse à quelqu’un, il fait une recherche Google et va voir son profil. C’est devenu un réflexe. Le profil en dit plus sur la personnalité, et les diverses rubriques dessinent un portrait plus vivant... CV et profil LinkedIn sont indispensables et se répondent.
Que doit-on indiquer sur un CV?
Son nom, son numéro de portable, son adresse mail – je conseille de créer une adresse spécifique pour la recherche d’emploi – et son URL LinkedIn. Il faut penser à nettoyer cette adresse, en supprimant les petits chiffres qui y figurent (dans Modifier le profil). Sauf exception, l’adresse physique n’est plus nécessaire. Le CV est limité en termes d’espace et je conseille de le rédiger sur une page, deux maximum. En fait, je conseille un CV sur deux pages à envoyer, et un CV sur une page à donner lors de l’entretien. Avec un exemplaire sur une seule page, la personne qui vous reçoit peut avoir les informations fondamentales sur vous tout en continuant à vous écouter. Le déroulement de la carrière précise le contenu des postes et donne des informations plus précises que LinkedIn : chiffres, enjeux liés à un poste, résultats obtenus, réalisations... Pour le CV comme pour le profil, il faut prévoir une version française et une version anglaise.
LinkedIn a-t-il transformé la façon de rédiger et mettre en page les CV?
En matière de CV, les recruteurs restent très classiques. L’originalité reste à la marge et n’est pas indispensable pour les fonctions ou les entreprises traditionnelles. Elle peut même être contre-productive. Ce qui reste important, c’est la mise en page, la lisibilité et l’agrément de lecture. J’ai vu beaucoup de CV très bien faits, très élégants, notamment dans le milieu du luxe : simples, avec une belle typo, une mise en page soignée, de l’espace. La forme éclaire sur la personnalité du demandeur d’emploi, sur sa faculté d’être clair, précis, concis. En matière de contenu, un CV doit être à jour, alors que sur LinkedIn, on peut indiquer être en poste jusqu’à ce qu’on trouve un autre job. Quant à la rubrique « divers » du CV, elle est importante, car un employeur préfère toujours engager quelqu’un qui a des intérêts en dehors du monde professionnel. Mais elle ne doit exister que si elle a du sens. Inutile de dire qu’on aime lire ! En revanche, préciser être fan de James Joyce ou du théâtre contemporain allemand est un plus...
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir