Double je

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VENDREDI 6 JANVIER Air France regarde froidement Etihad piquer du nez
Pas question de s’engager plus avant avec Etihad, comme le souhaitait Alexandre de Juniac : c’est la consigne donnée par Jean-Marc Janaillac, son successeur à la tête d’Air France- KLM. La compagnie d’Abou Dhabi est en crise, et pourrait supprimer jusqu’à 3 000 postes ; son directeur général, James Hogan, serait sur le départ. En cause : une stratégie de conquête échevelée avec des prises de participation dans une multitude de compagnies en piètre état : Alitalia, Air Berlin, Aer Lingus, Air Serbia, Jet Airways, Darwin, Niki, Air Seychelles et Virgin Australia. Lâchée par Air France et renflouée en 2014 à hauteur d’1,8 milliard d’euros, Alitalia perd toujours plus de 500 000 euros par jour et s’effondre en Italie au profit des compagnies low cost. Pompier de service, Etihad a dû apporter sa garantie pour une nouvelle injection de capital et cherche à vendre son portefeuille de participations à Lufthansa, qui tord le nez. « Les compagnies du Golfe ont mangé leur pain blanc, estime un cadre dirigeant d’Air France. La baisse des prix du pétrole leur a ôté un avantage compétitif, elles cherchent aujourd’hui à s’allier avec des majors européennes, mais elles n’ont rien à donner en échange. Il n’y a pas de salut en dehors des trois alliances globales, Star Alliance, Oneworld et Skyteam, qui sont appelées à structurer l’ensemble du transport aérien international. »
LUNDI 9 JANVIER Le géomètre expert Daniel Legrand repousse les bornes
Alain Dinin, président de Nexity, nous présente son ami Daniel Legrand, à la tête du plus gros cabinet de géomètres experts de France, avec plus d’une centaine de salariés et un chiffre d’affaires de près de 12 millions d’euros. On ne fait appel à un géomètre, croyait-on, que pour mesurer sa maison, borner son terrain ou régler des conflits entre voisins. Daniel Legrand nous explique qu’en réalité cette profession libérale, régie par une loi de 1946, a la possibilité de dépasser les bornes et d’assurer toutes les missions du secteur immobilier, y compris dans les grands programmes : « Nous sommes les médecins du foncier, la propriété repose sur nous. » Alors que son métier est peu connu, il nous en parle avec enthousiasme, rappelle que les géomètres sont des officiers ministériels, liés par un ordre professionnel, comme le sont les notaires ou les architectes. Un métier impacté par les nouvelles technologies, qui vont sans doute pousser à la concentration : au-delà de la mesure au laser et de l’usage du GPS, adoptés par tous, arrivent les maquettes numériques, en trois dimensions, sur lesquelles tous les acteurs peuvent travailler.
LUNDI 9 JANVIER Pôle emploi et ArcelorMittal suivent la courbe de popularité de Hollande
Inoxydable communicant, Thierry Saussez pilote avec OpinionWay un baromètre de popularité des marques qu’il nous révèle : Decathlon, Yves Rocher et Michelin paradent en tête. En queue de peloton, loin derrière, ArcelorMittal, et, côté public, Pôle emploi. Selon Saussez, ces deux entités sont « tétanisées par leur image négative et leurs échecs, et donnent le sentiment de ne pas savoir où elles vont ». Les deux lanternes rouges ont comme point commun d’avoir été surexposées du fait des déclarations de François Hollande. Pôle emploi est détesté pour les promesses non tenues sur le chômage et ArcelorMittal à cause de celles sur Florange, dont les hauts-fourneaux ont finalement été éteints. Son ex-conseiller, Aquilino Morelle date « l’abdication » du président de la République – titre de son livre paru le 11 janvier chez Grasset – à l’entretien Hollande-Mittal de fin 2012. Un rendez-vous qui aurait amené ce commentaire d’Emmanuel Macron, autre conseiller du président à l’époque : « Il a baissé son bénard. »
MARDI 10 JANVIER Le « taux de bullshit » des start-up françaises atteint les 20 %
La très large couverture médiatique du CES de Las Vegas, où se sont pressés nos politiques, confirme l’appétence des Français pour les nouvelles technologies et les entrepreneurs qui s’y engouffrent. Alors que Challenges tiendra en avril, à Paris, son deuxième Sommet des start-up, concomitamment à la sortie de son édition « 100 start-up où investir », la rédaction se prépare à être submergée de candidatures de jeunes gens ambitieux.
Conformément à la tradition, les dossiers retenus l’année précédente seront audités afin de savoir s’ils ont tenu leurs promesses. Avec une vigilance toute particulière, puisque les start-up françaises en quête de notoriété prennent de plus en plus de libertés avec la vérité. Les experts de la banque d’affaires spécialisée Avolta, qui ont mis au point un « taux de bullshit », c’est-à-dire un ratio de surévaluation mensongère, estiment qu’il est de 20 % en 2015. Les plus sérieux sont les e-commerçants, dont le « bullshit » est limité à 5 %. Les plus menteurs, à 32 %, sont les Ad Tech, les jeunes pousses qui officient dans la publicité et la communication. On ne se refait pas.
Précision. Suite à notre article intitulé « Mazars et Image 7 ne devraient pas souffrir de l’affaire Piffaut » (Challenges n° 503), Anne Méaux (Image 7) précise n’avoir « jamais eu en charge la communication financière du groupe de Monique Piffaut. Image 7 a été sollicité pour accompagner l’entreprise, le 1er décembre 2016, après la disparition de sa fondatrice ».
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir