Affaires privées tentations

Rouler branché

ChallengesAlain-Gabriel Verdevoye
Ultrasilencieuses, douces à conduire, simples à entretenir... Les voitures zéro émission font de plus en plus d’adeptes. Malgré deux sérieux handicaps : l’autonomie et le prix.
Une croissance formidable. Les ventes de véhicules électriques ont crû de 50% en France sur les neuf premiers mois de 2016. Malheureusement, les volumes (14 890 unités) restent faibles, à environ 1% du marché total. Malgré les incitations fiscales (6 300 euros), la faible autonomie des véhicules, le très long temps de recharge (huit heures à la maison) et la faiblesse du maillage de bornes en France a longtemps empêché les voitures zéro émission de décoller. Mais « nous sentons une dynamique et cette croissance va s’accélérer après 2017 » prédit Eric Feunteun, directeur du programme électrique chez Renault, qui vise 100000 Zoé par an avant 2020 (24000 en 2016).
Les batteries progressent en effet fortement. Leur coût « diminuera de 50% d’ici à 2020 », souligne Andres Yarce, responsable de l’électrique chez PSA. Et, entre 2022 et 2025, des technologies inédites permettront d’augmenter fortement l’autonomie pour atteindre les 600 kilomètres.
On pourra donc enfin rouler, sans craindre la panne sèche, dans des voitures ultrasilencieuses, douces à conduire, simples à entretenir et non polluantes...
A condition de ne pas produire l’électricité à partir du charbon ! Du coup, PSA table sur une part de l’électrique dans l’automobile de 4 à 6% en Europe et en Chine vers 2025. Matthias Müller, président de Volkswagen, compte à lui seul diffuser « 2 à 3 millions de véhicules zéro émission » à cet horizon. Rouler branché, c’est pour bientôt. Voici cinq modèles déjà disponibles, qui pâtissent encore d’une autonomie restreinte et d’un tarif peu compétitif.
«Je me suis laissé prendre au jeu»
MANUEL MALLEN, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE POIRAY (HORLOGERIE-JOAILLERIE)« Au départ, je voulais nouer un partenariat entre un constructeur automobile et Poiray. On m’a donc prêté durant trois mois une Renault Zoé. Et j’ai été conquis. Je négocie maintenant le partenariat avec Renault et vais en acheter une avec 400 kilomètres d’autonomie. Je ne suis pas un passionné de grosses cylindrées. Je me suis pris au jeu de l’électrique avec une conduite plus souple et douce. Plus on conduit tranquillement, plus l’autonomie augmente. J’éprouve, en outre, beaucoup de plaisir à avoir une voiture qui ne fait pas de bruit. Et pour mon utilisation en Ile-de-France, l’autonomie me suffit. »
Apaisante
Citroën C-Zéro (Confort) En 2010, débarquait la Citroën C-Zero. Conçue et produite au Japon par Mitsubishi, il s’en est vendu 8700 unités en six ans. Aujourd’hui, la pionnière souffre d’une technologie un peu obsolète avec une autonomie restreinte à une centaine de kilomètres. Mais elle a pour elle une taille de guêpe (moins de 3,50 mètres de long), soit cinquante centimètres de moins qu’une Zoé, et une largeur riquiqui (1,47 mètre, 25 centimètres de moins qu’une Renault) idéales en ville. Mais un tel gabarit ne la rend pas très sûre sur les voies rapides.
Prix : 26900 euros.
Autonomie : 100 kilomètres.
Gabarit réduit.
Autonomie réduite.
Plaisante
Nissan Leaf (Acenta) La voiture électrique la plus vendue dans le monde peut désormais parcourir jusqu’à 200 kilomètres grâce à sa nouvelle batterie de 30 kilowatts. Une prestation hélas encore modeste pour une compacte à la silhouette un peu mollassonne. Mais confort, habitabilité et fluidité de la conduite impressionnent. Accélérations et reprises sont intéressantes. La finition très plastique enthousiasme beaucoup moins. Voilà une voiture intelligemment conçue par Nissan, lancée en 2010, et qui peut évoluer sur route, comme en centre-ville.
Prix : 35300 euros.
Autonomie : 200 kilomètres.
Confort. Finition.
Saisissante
Volkswagen (e-Golf) Disponible depuis 2014, la Volkswagen e-Golf vient d’être restylée et modernisée. Si l’augmentation de la puissance peut passer pour anecdotique, il n’en est pas de même en ce qui concerne la batterie. Sa capacité passe de 24,2 à 35,8 kilowattheures, soit 200 kilomètres d’autonomie dans la vraie vie. Pour le reste, voilà une vraie Golf, sûre, sérieuse, bien finie. Mais, chez Volkswagen, l’optimisation viendra avec le lancement d’une plateforme spécifique dédiée aux modèles zéro émission. Car la Golf n’est qu’une adaptation. Volkswagen annonce 30 modèles électriques d’ici à 2025.
Prix : 38190 euros.
Autonomie : 200 kilomètres.
Finition solide.
Simple adaptation.
Insouciante
Renault Zoé (Intens) Voilà une petite citadine sympathique, habitable, propre sur elle. Elle est nerveuse au démarrage, tient bien le pavé et assure un confort satisfaisant. En ville et sur petite route, il n’y a pas grand-chose à lui reprocher, sinon les bruits de roulement, d’autant plus audibles que la mécanique est silencieuse. En revanche, au-dessus de 100 kilomètres par heure, la sensation d’être dans une minivoiture est bien réelle. La caisse est légère (mais pas les batteries !) et les pneus étroits ne rassurent pas. L’autonomie, convenable, est de 270 kilomètres, mais gare à l’autoroute énergivore !
Prix : 26200 euros (+ location des batteries).
Autonomie : 270 kilomètres.
Agrément. Phares faibles.
Rugissante
Tesla S (90D) La Tesla Model S vient de connaître un restylage, avec une calandre fermée qui rend la silhouette plus pataude. Dommage. Si l’extérieur est classique, l’intérieur fait plonger dans un univers high-tech, avec l’immense écran central de 17 pouces, pas évident à manier. Les accélérations sont exceptionnelles. Cette routière évolue aussi en ville sans à-coups. C’est la plus rapide des électriques de série et la plus avancée dans la conduite semi-autonome. L’Autopilot gère distance, trajectoire, vitesse. Problème : cette voiture archilourde dépasse les 100000 euros!
Prix : 103000 euros.
Autonomie : 400 kilomètres.
Performances. Le tarif.
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir