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Uber pilote mal sa gestion du personnel

Deux décisions de la plateforme font fondre les revenus des chauffeurs de VTC.

Challengesjeudi 12 janvier 2017
Manifestation de chauffeurs de VTC contre Uber, le 23 décembre, près de Roissy. Furieux contre la nouvelle politique tarifaire de la plateforme.
Michel Stoupak/Citizenside/AFP
Le métier de chauffeur de taxi ou de VTC est-il rentable ? Difficile à dire faute de statistiques fiables ou récentes : les derniers chiffres de l’Insee font état d’un revenu net moyen de 1 430 euros par mois pour les chauffeurs de taxi non salariés en... 2 010. Côté VTC, les données varient entre 1 400 et 2 000 euros, mais le flou relatif au statut et à la durée du travail (de 50 à 70 heures hebdomadaires) rend les comparaisons hasardeuses.
Si les chauffeurs de taxi disent avoir vu leurs revenus diminuer avec l’arrivée massive des VTC à partir de 2014, ils ont surtout enregistré un allongement des temps d’attente entre les courses et une diminution de la valeur des licences d’immatriculation. A leur tour, les chauffeurs de VTC voient leur situation se détériorer. Au coeur du sujet : la décision de la plateforme Uber, leader en France, de remonter son taux de commission de 20 à 25 % après avoir baissé les tarifs des courses précédemment.
« A l’automne 2015, Uber avait anticipé un marché en forte croissance pour 2016, raconte un proche des discussions entre les VTC et le ministère des Transports. Il a procédé à des recrutements massifs de chauffeurs [plus de 10 000 cartes de VTC enregistrés en dix-huit mois] et pratiqué des baisses de tarifs afin de dominer le marché. Or, 2016 a été un mauvais cru, avec une demande moindre que prévu. Uber, qui fait des investissements énormes, à perte, pour conquérir le monde a dû serrer les boulons en France. Aux dépens des chauffeurs. »
Pour atténuer la grogne, Uber promet un fonds d’aide de 2 millions d’euros pour soutenir les chauffeurs en difficulté. D’ici à fin janvier, le médiateur, Jacques Rapoport, exprésident de SNCF Réseau, doit proposer des solutions pour améliorer le revenu des chauffeurs, mais également leur garantir un système de protection sociale. Tout cela sans braquer de nouveau les taxis. Pas simple. P. Da.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir