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1917, la « mère » des années

ChallengesMaurice Szafran
Jean-Christophe Buisson signe un récit pointilliste qui s’attache aux petits et aux grands événements.
Reynaud Maxime/ Abaca
Sous la forme d’un éphéméride, le journaliste du Figaro raconte les douze mois charnières du XXe siècle. Avec engagement.
Chaque week-end, Jean- Christophe Buisson cisèle, sans a priori culturel, une (excellente) critique cinéma dans Le Figaro Magazine. Il se trouve que le journaliste est aussi historien, notamment spécialiste des Balkans et de l’Europe de l’Est. Guère étonnant donc qu’il ait choisi de se focaliser sur 1917, la « mère » des années de ce XXe siècle, celui de toutes les barbaries et aussi de tant de progrès. Sous la forme inattendue et amusante d’un calendrier, il raconte 17, mais cette fois les engagements (plutôt droitiers) de l’auteur apparaissent clairement. C’est respectable, mais mieux vaut toutefois le savoir.
1917 et la révolution bolchévique, qui écrase aussitôt les sociaux-démocrates, Trotsky qui, depuis New York, cherche à rejoindre Lénine à Petrograd. Les prémices d’un combat idéologique et politique sans répit qui prendra fin quand l’Union soviétique implosera.
1917, l’année qui a changé le monde, Jean-Christophe Buisson, Perrin, 400 pages, 24,90 euros.
1917 et les soldats américains qui entrent enfin dans la Première Guerre mondiale, accélérant la victoire des Alliés. Pendant ce temps, Hitler rejoint son bataillon à Vimy ; Mussolini, lui, est financé par, les services secrets britanniques ; Churchill est nommé ministre de l’Armement tandis que De Gaulle, prisonnier, est interné en Allemagne. Avec habileté et talent, Buisson ne se contente pas de ces deux bornes, américaine et russe. La vie culturelle, artistique, scientifique est inouïe en cette année. Marcel Duchamp provoque le scandale, exposant un... urinoir. Picasso peint L’Arlequin à Rome. Céline revient de Londres car, inapte au combat, il a été versé au consulat de France où il signe des... visas. Einstein fait progresser la physique quantique. Freud écrit Deuil et mélancolie.
Le lecteur, lui, suit avec passion chaque détail du récit pointilliste de Buisson. En 1917, l’Histoire avec H majuscule ne s’arrête jamais, grands et « petits » événements confondus : l’apparition du mot « surréalisme », la déclaration Balfour qui annonce la création de l’État d’Israël, un nouvel héros, Lawrence d’Arabie...
A notre étonnement, l’auteur fait preuve de quelque complaisance envers l’Action française de Charles Maurras. Ses militants étaient violents, haineux, racistes, antisémites, une partie d’entre eux finiront collabos. Dommage que Buisson, un brillant esprit, ne le souligne pas plus fortement.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir