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Économie. Des barrières absurdes contre les Italiens

Courrier international—Nicola Saldutti Publié le 5 janvier , —Corriere della Sera Milan
L’annonce de la reprise des chantiers navals de Saint- Nazaire par un groupe italien a suscité une levée de boucliers.
Disons-le tout net, c’est à chaque fois pareil : il suffit qu’un pays européen voie l’une de ses entreprises rachetée par un groupe battant pavillon étranger pour que les nationalismes se réveillent. Oubliant le principe élémentaire de réciprocité. Prenons l’exemple de ce qui se passe ces jours-ci avec Fincantieri. Le groupe italien, numéro un de la construction navale, vient de faire une offre (unique) au tribunal de Séoul dans le cadre de la liquidation du groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding. L’objectif : racheter les chantiers navals historiques de Saint-Nazaire – lesquels ont valeur de symbole pour Paris, naturellement. Outre les navires de croisière, le groupe fabrique également les porte-avions de la marine hexagonale. Quant à la transaction, elle se monte à 200 millions d’euros.
Réciprocité. Or à peine Fincantieri avait-il dévoilé ses intentions que le gouvernement Hollande commençait à poser des restrictions, des conditions, des contraintes. Le porte-parole de l’exécutif [Stéphane Le Foll] a déclaré à ce sujet : “On est actionnaire, donc l’État posera des conditions. Les conditions, c’est la pérennité de l’activité, la sécurisation des savoir-faire et la capacité de se projeter dans l’avenir.” Voilà qui ne ressemble guère à un message de bienvenue pour les Italiens. Il y a quelques années de cela, c’était Enel [l’EDF italien] qui se voyait refuser sèchement son projet de développement en France.
Pour ce qui est de la présence de la France dans la péninsule, en revanche, la situation est tout autre. Lactalis a repris [les produits laitiers] Parmalat. EDF contrôle [le groupe énergétique] Edison. Carrefour a racheté [les supermarchés] GS. Vivendi est devenu le premier actionnaire de Telecom Italia et le deuxième actionnaire de Mediaset [de Silvio Berlusconi]. À l’évidence, il y a là un problème de réciprocité : cela ne veut pas dire qu’il faille dresser des barrières, mais reconnaître que Fincantieri ne peut pas être considéré comme un envahisseur dès lors que l’État italien est indirectement représenté au capital par l’intermédiaire de la Cassa Depositi e Prestiti [l’équivalent italien de la Caisse des dépôts et consignations].
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir