L’événement

« Le revenu universel est un mouvement irréversible »

L'HumanitéOLIVIER MORIN
La proposition de Benoît Hamon ne remplacerait pas toutes les prestations sociales, au contraire des conceptions libérales...
Vous dites que la mesure que vous proposez constitue un renforcement de la protection sociale des Français. Mais en quoi votre proposition diffère-t-elle de celle de l'ancien secrétaire d'État de droite Frédéric Lefebvre, assise elle aussi sur la fusion de minima sociaux et sur une nouvelle fiscalité ?
GUILLAUME BALAS Le revenu universel a toujours été utilisé par des gens progressistes de gauche et par des néolibéraux. Sauf que les libéraux ne parlent pas de la même chose que nous. Pour eux, le revenu universel est le solde de tout compte de tout le reste de la protection sociale. Ce que nous proposons, c'est de garder cette protection sociale et c'est d'y ajouter un nouveau pied. Il ne s'agit pas d'arrêter les retraites, d'arrêter le chômage et d'arrêter les allocations logement. Notre revenu universel est un revenu automatique de nouvelle répartition et de désaliénation par rapport au travail, alors que chez les néolibéraux c'est une mesure d'abaissement de la protection sociale.
La collecte du financement et les modes de redistribution de la Sécurité sociale avaient posé des questions cruciales lors sa mise en place. Comment réglezvous ces mêmes enjeux pour ce nouveau pilier de la protection sociale que vous souhaitez créer à travers ce revenu universel ?
GUILLAUME BALAS Nous verrons. Nous nesommes pas dans des instruments techniques mais dans des choses qui se discutent. Nous le ferons avec les partenaires sociaux.
Ne pensez-vous pas que déconnecter l'attribution de cette ressource à la production de richesses constitue un frein à son évolution ?
GUILLAUME BALAS Bien au contraire. Ce que nous proposons, c'est qu'il y ait un renforcement considérable du rôle des salariés dans les entreprises. Notamment pour qu'ils aient un pouvoir de négociation plus fort. Cela passe notamment par des conseils d'administration d'entreprises où un tiers des sièges seraient réservés aux salariés et à leurs représentants. Ce qui ne veut pas dire que les salariés ne peuvent pas, s'ils le souhaitent, diminuer leur temps de travail pour pouvoir s'occuper mieux d'une association ou d'une activité sociale.
Votre projet de revenu universel a-t-il une chance de voir le jour alors qu'il n'y a pas de consensus sur le sujet au Parti socialiste ?
GUILLAUME BALAS Au-delà des désaccords,je pense que c'est un mouvement irréversible. La socialisation d'une partie des revenus est un des moyens de la transformation du capitalisme. La question n'est pas de savoir quelle position prendre sur le revenu universel, mais quel revenu universel il y aura. Nos concurrents auront un regard sur la société telle qu'elle était au XXe siècle, par sur celle du XXIe siècle.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir