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Trump, une affaire de famille

Le président élu, sur la défensive face aux conflits d'intérêts, confie la gestion temporaire de son empire immobilier à ses deux fils. Il répond aux accusations de complot ourdi depuis Moscou.

L'HumanitéBRUNO ODENT
La conférence de presse de Donald Trump, la première depuis le mois de juillet, était censée servir de cadre à l'annonce des mesures que le milliardaire entend prendre pour « se dégager » de la gestion de son empire immobilier et s'éviter les accusations de « conflit d'intérêts ». À ce dossier délicat est venu s'en ajouter un autre : celui des relations du président élu avec la Russie. Le site Internet Buzzfeed et des journaux états-uniens avaient publié, quelques heures auparavant, des informations tonitruantes sur la détention d'un dossier qui permettrait aux services russes de faire chanter le nouveau président des États-Unis. Cette drôle de polémique n'est pas franchement nouvelle. Les deux candidats à la présidentielle avaient terminé leur campagne en octobre dernier en usant, chacun dans son registre, d'allégations complotistes. Orfèvre en matière de populisme, Donald Trump laissait entendre que le scrutin pourrait
être manipulé. D'où son refus anticipé de reconnaître la validité d'une éventuelle défaite. Plus surprenantes avaient été les accusations d'Hillary Clinton affirmant que son adversaire était une marionnette du Kremlin.
Les accusations contre Trump reposent, cette fois, sur un dossier transmis par un ex-espion britannique. Celles-ci prouveraient des échanges de « bons procédés » entre des proches de Trump et les services russes. Et il contiendrait l'enregistrement vidéo d'une partouze à Moscou en 2013 où l'on reconnaîtrait le milliardaire. De quoi, selon un scénario digne d'un roman de John le Carré, donner à la Russie de Vladimir Poutine les moyens de faire chanter le futur président des États-Unis. Trump a déclaré que « tout cela était un faux grossier publié par un média gauchiste ». Il s'en est pris, une nouvelle fois, au mauvais rôle joué selon lui par les services de renseignement. « Peut-être ont-ils fait fuiter ces faux documents, ce qui serait une tache sur leur réputation », a-t-il lancé, répétant : « tout est faux ».
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Manipulations, contre-manipulations pour déclencher le buzz politico-médiatique ? Rien ne permet de se prononcer. Quoi qu'il en soit, l'épisode révèle le degré des polarisations que suscite l'élection du milliardaire jusqu'au sein de la classe dirigeante états-unienne. En particulier sur le dossier des relations avec la Russie.
L'espion retraité de Sa Gracieuse Majesté aurait agi, il y a trois mois, à la demande d'un des opposants à Trump au sein du... Parti républicain, explique le New York Times. Revenant au menu initial de sa conférence de presse, Trump a assuré sans rire hier qu'il allait se dégager totalement de son empire immobilier dont il va confier la gestion à... ses deux fils, qui vont récupérer les actifs de sa compagnie au sein d'un « trust ». Pour tenter de donner un minimum de crédibilité à la manoeuvre, le président élu a invoqué son intention de nommer un « conseiller en éthique » sur la question. Et l'une de ses « spécialistes » a détaillé une procédure très complexe qui impliquerait que « tous les profits » générés par la présence d'officiels étrangers dans les hôtels du groupe Trump seraient « reversésau Trésor public états-unien ».
Sur les autres sujets, le nouveau président a retrouvé sa verve populiste habituelle. Il a réitéré sa volonté de régler son compte à l'Obamacare (la réforme de l'assurancemaladie du président sortant), qui serait « un complet désastre ». Et il s'est présenté comme le « plus grand créateur d'emplois que Dieu ait jamais créé ».
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir