Culture&Savoirs

La misère, un pactole pour les rapaces

L'HumanitéCAROLINE CONSTANT
Élise Le Guevel et Élise Menand ont réalisé une remarquable enquête sur les individus qui s'enrichissent grâce aux flux migratoires.
ENVOYÉ SPÉCIAL. QUI VEUT GAGNER DES MIGRANTS ?France 2, 20 h 55.
es uns sillonnent les routes d'Europe, enfants dans les bras, visages hâves et fatigués, un maigre balluchon Lsur le dos. Les autres se frottent les mains : l'arrivée massive de migrants engraisse certains personnages, qui font leur beurre sur leur misère. Deux journalistes d'Envoyé spécial, Élise Le Guevel et Élise Menand, ont signé une enquête, diffusée ce soir dans le magazine, pour montrer à qui profite les flux migratoires. Cette enquête, réalisée dans plusieurs pays d'Europe, y compris le nôtre, est un coup de poing. « On a tous en tête les images de migrants qui s'échouent », confie Élise Le Guevel. « Notre volonté était de montrer le phénomène économique, donc, paradoxalement, il n'y a pas beaucoup de migrants dans notre enquête », sauf en qualité de témoins pour étayer une réalité.
Et la misère est un bon engrais pour les rapaces. À l'origine de leur enquête, une affaire qui a fait grand bruit: en mai 2016, la Cimade avait alerté les autorités sur un trafic de certificats, fournis par des médecins, en échange d'argent. En creusant le sujet, sans a priori, les journalistes ont découvert des réalités contrastées.
Comme cet entrepreneur français, qui fabrique des containers, et dont les affaires ont littéralement explosé avec l'afflux de pauvres hères fuyant la guerre et la misère.
CE SOIR, SERONT AUSSI DIFFUSÉS UN SUJET SUR L'UNE DES FILLES DE DONALD TRUMP, IVANKA, ET UNE ENQUÊTE SUR L'ACCIDENT DU MH370 EN MALAISIE.
Mais, à leur grande surprise, elles ont découvert que l'extrême droite pouvait aussi s'intéresser à ce juteux commerce, comme en Suède. Les affaires sont les affaires, n'est-ce pas? Elles ont aussi déniché un ancien candidat de téléréalité qui se fait de l'argent sur le dos des pauvres gens. Enfin, elles ont aussi trouvé un fonds de pension de professeurs du Maryland, aux ÉtatsUnis, qui ont investi dans ce commerce des hommes. Et elles se sont rendues sur place, à la rencontre des adhérents de ce fonds de pension, qui ne savent pas que leurs retraites vont être payées sur la souffrance d'autrui. L'enquête est remarquable et vaut le détour, pour tout humaniste, et à l'heure où certains qui apportent leur soutien aux réfugiés sont traités comme des criminels.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir