Autrement dit

Jérusalem, la pomme de discorde

La CroixMarianne Meunier
Une conférence sur le Proche-Orient se tiendra le 15 janvier à Paris, à l’initiative des États-Unis et de la France. À cette occasion, « La Croix » détaille les conditions d’un règlement du conflit israélo-palestinien, telles que présentées fin décembre par le secrétaire d’État américain, John Kerry. Aujourd’hui, la question de Jérusalem.
Au sujet de la ville sainte, « le problème le plus sensible pour les deux parties », selon John Kerry, ce dernier plaide pour une « résolution faisant de Jérusalem la capitale internationalement reconnue de deux États et assurant le libre accès aux lieux saints dans le respect du statu quo actuel ». Toute solution « doit répondre non seulement aux besoins des parties, mais aussi des trois religions monothéistes », ajoute-t-il.
« De l’avis général, que nous partageons, Jérusalem ne doit pas être de nouveau divisée comme elle l’était avant 1967, conclut-il. Dans le même temps, il y a un large consensus selon lequel il n’y aura pas d’accord de paix en l’absence de conciliation des aspirations essentielles des deux parties d’avoir leur capitale » dans la ville.
Les points de blocage
À Jérusalem, qui compte aujourd’hui près de 900 000 habitants, s’enchevêtrent les racines du conflit israélo-palestinien. Représentant « à elle seule l’essence du judaïsme », écrit Frédéric Encel dans l’Atlas géopolitique d’Israël, la cité, avec l’esplanade des Mosquées, est aussi la troisième ville sainte de l’islam (après La Mecque et Médine, en Arabie saoudite).
La souveraineté sur Jérusalem constitue ainsi un « enjeu politique et identitaire », résume le chercheur, tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens et, plus généralement, les peuples arabo-musulmans. Étant aussi un lieu saint pour les chrétiens – notamment en raison de l’église du Saint-Sépulcre –, elle n’est cependant « guère revendiquée par le christianisme au titre d’une souveraineté territoriale de type étatique, d’un contrôle politique ou militaire effectif », précise Frédéric Encel.
Au regard du droit international, Jérusalem-Est, qui comprend la vieille ville et les lieux saints, est un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. L’État hébreu a toutefois fait de la ville « entière et réunifiée » sa capitale dans une Loi fondamentale adoptée en 1980, sans pour autant que ce statut soit reconnu par les Nations unies (Donald Trump a toutefois annoncé son intention de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem). Les 310 000 Palestiniens de Jérusalem-Est sont ainsi considérés comme des « résidents ».
À leurs yeux, Jérusalem-Est doit être leur capitale. Mais cinquante ans après son annexion par Israël, de multiples acquisitions et démolitions ainsi qu’une forte progression démographique israélienne – plus de 200 000 colons juifs vivent à Jérusalem-Est –, un état de fait s’est imposé aux antipodes de cette perspective.
Les solutions
Pour John Kerry, la solution à deux États implique que Jérusalem soit la capitale de deux États, une perspective préconisée de longue date par la communauté internationale. La dimension existentielle de la ville pour le peuple juif, comme pour le peuple palestinien, empêche en effet de donner à l’un ou à l’autre une suprématie sur le territoire. Dans cette hypothèse, l’accès aux lieux saints de la Vieille Ville, quelle que soit leur situation géographique dans cet espace, doit être garanti à tous, comme c’est théoriquement le cas aujourd’hui.
Sur le terrain, l’attribution à Jérusalem d’un statut de capitale de deux États implique un partage d’une souveraineté, de fait, intégralement exercée aujourd’hui par Israël.
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir