Economie

Les Français moins dépensiers pour leur apparence

La CroixMathieu Castagnet
Les dépenses d’habillement ont fortement baissé ces dernières années tandis qu’augmentait le budget consacré aux soins et produits de beauté.
Nettement plus économes sur leurs vêtements mais un peu plus dépensiers pour leurs produits de beauté. Au fil des décennies, les Français ont radicalement modifié leurs « dépenses consacrées à l’apparence physique » analyse l’Insee dans une note publiée hier.
En 2015, les Français ont consacré 84 milliards d’euros par an à bichonner leur apparence, soit près de 3 000 € par ménage. Ces achats de vêtements, chaussures, sacs ou bijoux, mais aussi de produits et soins de beauté représentent 7,3 % de leur budget. Moitié moins qu’en 1960.
Cette forte diminution s’explique largement par les bouleversements du secteur de l’habillement, le premier poste de dépense. Avec l’arrivée massive de produits importés et l’essor fulgurant des grandes chaînes de prêt-à-porter, « la part du budget vêtements a baissé d’un tiers depuis cinquante-cinq ans », relève l’Insee.
De plus, l’augmentation d’autres dépenses (logement, communication…) a poussé les consommateurs à modifier leurs habitudes pour rechercher toujours les meilleurs prix. Les achats entre particuliers, les soldes et les promotions pèsent désormais « 40 % des ventes contre 20 % en 2000 ».
Plus regardant sur le prix de leur garde-robe, les Français ont en revanche desserré les cordons de la bourse pour les soins et produits de beauté. Ceux-ci pèsent désormais près du tiers des dépenses d’apparence contre moins de 10 % en 1960. Dans cette catégorie, ce sont les produits et appareils destinés aux soins à réaliser soi-même, à la maison, qui s’envolent.
Les dépenses pour les soins extérieurs reculent, notamment dans les salons de coiffure. « Au début des années 2000, un Français s’y rendait six fois par an en moyenne ; en 2010 il n’y allait plus que 4,5 fois », rappelle l’institut de statistiques.
Les sacs, montres et bijoux font aussi grimper la facture. Si l’envolée du cours de l’or a pesé sur cette tendance dans les années 1970 et 1980, c’est depuis lors surtout le marché du bijou fantaisie qui croît. « En 2015, les bijoux en or ne représentent plus que 63 % des ventes, contre 81 % en 2002 », explique l’Insee.
Au final, la part du budget pour les dépenses d’apparence se révèle plus faible en France que chez nos voisins européens. L’écart est particulièrement important sur le budget vêtements et chaussures où la France est en bas du classement. Les Français dépensent ainsi pour se vêtir et se chausser presque deux fois moins que les Italiens.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir