Débats

En morceaux

La CroixGuillaume Goubert
Les téléspectateurs qui, demain, regarderont le premier débat télévisé entre les participants à la primaire organisée par le Parti socialiste pourront noter la coïncidence : sept candidats s’affronteront, tout comme il y avait, au mois de novembre, sept candidats à la primaire de la droite et du centre – et, dans les deux cas, une seule femme. La ressemblance s’arrêtera là. À l’issue du scrutin organisé par Les Républicains, un candidat s’est imposé au sein de la droite modérée, François Fillon. Tel ne sera pas le cas après la primaire de gauche. Celui qui l’emportera au second tour, le 29 janvier, devra compter avec deux rivaux importants à gauche, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
On a beaucoup souligné ces derniers mois la mutation de la vie politique française vers un fonctionnement tripolaire : longtemps structurée par un simple affrontement droite-gauche, elle compte désormais trois blocs avec la montée du Front national. Et voilà qu’émerge parallèlement une autre tripolarité, cette fois au sein de la seule gauche. Trois gauches apparemment inconciliables puisqu’il n’a pas été possible de les réunir au sein de la même primaire. Cela tient à des ambitions personnelles mais pas seulement. Les clivages relèvent aussi d’options divergentes sur les réformes à mener.
Cet éclatement d’une famille de pensée qui a longtemps eu la haute main sur « l’imagination de l’avenir », pour reprendre une formule du philosophe Marcel Gauchet, n’est une bonne nouvelle pour personne. La vie politique française a besoin d’un débat équilibré entre ses différentes composantes. Et la droite modérée n’a certainement pas intérêt à se retrouver dans un tête-à-tête asphyxiant avec le Front national. La reconstruction de la gauche est dans l’intérêt général.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir