Débats

Le Courrier

La Croixmercredi 11 janvier 2017
Bilan année 2016
Un très grand merci pour vos paroles d’espérance lues dans « les bonnes nouvelles de l’année 2016 ». Vous avez tout à fait raison et j’applaudis à deux mains. Trop souvent, nous n’entendons que des lamentations sur « nos » problèmes. Ils sont réels mais il y a d’autres choses… qu’il faut savoir regarder pour nous émerveiller.
Petite sœur Dominica-Pascale
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Association
Un grand merci à La Croix pour son information sur l’association familiale protestante PolyGones (2 janvier). Parmi les actions stimulantes de cette association, il en est une qui mérite toute l’attention de l’Église catholique en France, à savoir l’appel et la formation aux ministères. En effet, cette communauté permet aux candidats de se former et d’assurer ensuite le ministère pastoral en exerçant leur profession, de manière à « concilier travail, vie familiale et prédication ». Or c’est ainsi qu’avait agi le Christ quand il a appelé des disciples, et ensuite les apôtres quand ils ont établi des « anciens » pour animer les communautés. Ce mode d’appel aux ministères s’est maintenu jusqu’au Moyen Âge. Mais, en contexte de chrétienté, le célibat a été alors imposé aux prêtres, avec les conséquences que l’on sait, lorsque ce contexte se défait : les évêques ne trouvent plus assez de candidats pour la pastorale des communautés. Résultat : l’annonce de l’Évangile et la progression du Règne de Dieu sont freinées. Remède : que les évêques s’inspirent donc de la formule mise en place pour l’appel des « Implanteurs d’Église ».
Marcel Metzger (Bas-Rhin)
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Croissance économique
Mon attention a été attirée par le sous-titre de votre dossier du 2 janvier intitulé « Cinq défis pour 2017 », où l’on pouvait lire : « La croissance durable que le monde espère est-elle pour cette année ? »Quelle déception ! L’article ne traite de la « croissance » que sous un seul mode et à l’aide d’un seul indicateur : le sacro-saint PIB, même pas pondéré par habitant. Avec un PIB en croissance de près de 6 % par an et une population qui s’accroît de 0,4 % dans le même temps, la richesse moyenne des Chinois augmente encore très vite. En revanche, avec un taux de croissance du PIB de 1,4 % en 2016 et une population qui augmente d’environ 2,5 % par an, les Africains s’appauvrissent ! Et encore, il ne s’agit que de moyennes… Aucune référence chiffrée à l’évolution des inégalités, qu’elles soient mesurées au niveau mondial ou à l’échelle de chaque continent. Plus grave encore : de quelle « croissance » parle-t-on ? Alors que la notion de durabilité irrigue depuis plusieurs décennies toutes les réflexions sur l’évolution de nos sociétés, alors que l’encyclique Laudato si’ a si bien mis en évidence la vanité de la croissance économique déconnectée de ses impacts écologiques et sociaux, votre article ne mentionne quasiment pas les aspects qualitatifs de la « croissance ». Quand les économistes et les journalistes intègreront-ils systématiquement dans leurs travaux et leur communication l’analyse de l’empreinte écologique des activités économiques ? Quand mettront-ils systématiquement en regard la production de richesses par habitant et d’autres indicateurs, par exemple la consommation de ressources naturelles et l’indice de développement humain ? (…)
Jean-Christophe Brelle (Val-de-Marne)
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Euro
Votre dossier du 2 janvier sur l’euro tente un bilan. Mais il y a une alternative à une situation avec ou sans euro : la coexistence de l’euro et de monnaies nationales. Une monnaie commune pour les échanges intra et extra-communautaires et des monnaies nationales pour les échanges intra-nationaux. Ce double système a fonctionné en Chine, il continue dans d’autres pays. Les paysans cambodgiens échangent leurs produits en riels et ne le pourraient pas s’ils n’avaient que le dollar américain, monnaie de référence pour les produits importés. Le développement de monnaies locales en Europe témoigne de besoins que ne peut satisfaire l’euro. Faute d’organisation adéquate et de soutien, elles satisfont des besoins très limités. Pourquoi raisonner en monnaie unique ? Cette alternative mériterait d’être sérieusement étudiée et débattue.
Éric Beugnot (Papeete)
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Non-violence
Vous venez de consacrer cinq belles pages, le 30 décembre, à la non-violence. Ces articles s’inscrivent bien dans l’actualité, cela est réjouissant. Je regrette cependant qu’aucune allusion n’ait été faite sur la naissance de l’action non-violente en France au cours de la guerre d’Algérie. À cette époque et autour de Lanza del Vasto, s’est en effet constitué un groupe de réfractaires à la guerre. Les objecteurs de conscience n’étaient pas nombreux, mais fermement convaincus de la justesse de leurs engagements. Personne ne les soutenait, si ce n’est précisément les non-violents, sous l’impulsion du philosophe Lanza del Vasto qui avait rencontré Gandhi en Inde, le Mouvement international de la réconciliation d’inspiration protestante et certaines églises réformées. Il y eut des procès instruits par la justice militaire, qui se terminaient par plusieurs années de prison. Au-delà de la guerre d’Algérie et de l’appui aux réfractaires, les non-violents de France se sont regroupés en communautés œcuméniques, vivant selon les règles de la non-violence, à Bollène aux portes de la Provence, puis à la Borie noble, dans les Cévennes. On peut regretter que les pages de La Croix n’aient pas rappelé cette expérience fondatrice en France.
Manuel de Truchis (Tarn)
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Voter  ?
Voilà près d’un demi-siècle que je vote régulièrement mais je suis de ceux qui s’interrogent pour les prochains scrutins par manque d’appétence pour des candidats qui, à ce jour, ne me semblent mus que par la reproduction d’un système pour moi bien éloigné de l’idée que je me fais de la démocratie, différente du fonctionnement de notre république monarchique : refus de la proportionnelle, refus de la reconnaissance du vote blanc, acceptation de la délégation de vote conduisant à des hémicycles déserts en lieu et place du seul vote personnel (comme au Parlement européen) qui est pour moi l’essence de la démocratie représentative, acceptation du cumul des mandats, impunité auto-entretenue (cf. le « jugement » de la Cour de justice de la République concernant Mme Lagarde), machisme perpétué, vision rabougrie de la construction européenne où le chauvinisme efface l’ouverture aux autres et l’acceptation de la diversité. Je préfère les ponts aux murailles souverainistes. Alors ? Irai-je voter, je ne sais.
Jean-Pierre Raffin (Paris)
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir