France

Les « acteurs de la solidarité » veulent un revenu décent pour tous

La CroixNathalie Birchem et Bernard Gorce
Alors que les candidats de la primaire à gauche se divisent sur la création d’un revenu universel, la Fédération des acteurs de la solidarité demande la création d’un « revenu minimum décent ».
La Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars) a présenté hier, dans la perspective de l’élection présidentielle, une cinquantaine de propositions pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion. La mesure phare de cette plateforme est la création d’un « revenu minimum décent ». « Nous proposons l’unification des minima sociaux autour d’un revenu minimum de 850 €, explique Louis Gallois, président de la Fnars. Concrètement, cela veut dire que si vous gagnez 500 €, vous avez le droit à 350 €. » Ce revenu serait ouvert aux jeunes de 18 ans et versé automatiquement.
Cette proposition, inspirée des rapports de l’ex-député PS Christophe Sirugue sur la réforme des minima sociaux et du cercle de réflexion Terra Nova, s’est déjà invitée dans la campagne de la primaire organisée par le Parti socialiste (lire La Croix du 9 janvier). L’ancien premier ministre Manuel Valls a repris cette idée d’une allocation minimum qui pourrait atteindre 850 € par mois. Mais d’autres sont beaucoup plus ambitieux. Plutôt qu’un revenu minimum versé sous conditions de ressources, Benoît Hamon a fait de la création d’un « revenu universel d’existence » la mesure phare de son programme. Une solution qui a aussi les faveurs du candidat hors PS Jean-Luc ­Bennahmias mais suscite l’opposition de Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg, qui y voient une dévalorisation du travail. Au-delà de la philosophie de la réforme, la question de son coût alimente les critiques. Benoît Hamon chiffre son revenu universel à 40 milliards d’euros puis, aux termes d’une montée en puissance du dispositif, à 300 milliards. C’est dix fois moins pour la mise en place d’un revenu décent, dont la Fnars évalue le coût à 30 milliards.
La fédération qui regroupe 870 associations tient cette semaine son congrès à Dijon sur le thème « Investir dans la solidarité ». « Nous souhaitons rappeler que la solidarité n’est pas un coût mais un investissement, dont tout le monde bénéficie, insiste Louis Gallois. Un pays solidaire, c’est un pays qui résiste mieux aux crises, qui est plus confiant et qui est démocratiquement plus résistant. » Dans un contexte où la pauvreté s’intensifie, la Fnars a fixé quatre priorités : investir dans la jeunesse, la prévention, la citoyenneté et les territoires les plus solidaires.
Parmi ses autres propositions figurent ainsi la création de places en crèche et le développement de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. « Nous voulons augmenter de 350 000 à 500 000 le nombre de contrats aidés en ciblant les territoires les plus touchés par le chômage », détaille encore Louis Gallois. Autre idée, la création, via le compte personnel d’activité, d’un vrai droit à l’éducation et à la formation, pour que ceux qui sortent de l’école sans diplôme aient une seconde chance.
Dans le domaine du logement, la Fnars plaide pour la généralisation de l’encadrement des loyers à toutes les agglomérations tendues et l’obligation, pour toute opération de construction, de comporter au moins un logement très social sur trois. Enfin, concernant les migrants, elle propose que les gens vivant en France depuis au moins deux ans puissent se voir accorder un titre de séjour leur permettant d’accéder à l’emploi et au logement.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir