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Le nouveau premier ministre islandais fait déjà scandale

Le Mondejeudi 12 janvier 2017
A peine intronisé, le premier ministre islandais est déjà mis en cause dans un nouveau scandale. Bjarni Benediktsson, nommé mardi 10  janvier à la tête du gouvernement, est accusé d'avoir voulu garder secret un rapport sensible sur l'évasion fiscale commandé à la suite des " Panama papers ". Un scandale, révélé en avril  2016, qu'il avait suivi de près : M.  Benediktsson était alors ministre des finances et avait été mis en cause pour avoir détenu une société aux Seychelles.
A la différence du premier ministre d'alors, Sigmundur David Gunnlaugsson, contraint à la démission après plusieurs jours de manifestations monstres, ce rejeton d'une des familles les plus riches et puissantes de l'île avait, lui, réussi à s'en tirer sans trop d'encombre. Il avait pu habilement conserver son poste en assurant que tout était déclaré et que la société n'avait jamais vraiment servi. Puis en s'engageant à mettre sur pied une équipe pour enquêter sur l'impact de l'évasion fiscale.
Cette équipe a rendu son rapport au ministère des finances le 13  septembre. Pour les experts, l'Etat islandais perdrait chaque année entre 23 et 54  millions d'euros du fait de l'usage de paradis fiscaux par les Islandais les plus fortunés – 600 noms apparaissaient dans les " Panama papers ". Une somme qui aurait pu faire à nouveau la " une " de l'actualité en pleine campagne électorale pour des législatives anticipées, organisées le 29  octobre.
Chef de file du Parti de l'indépendance (conservateur), M.  Benediktsson, qui arrivera en tête du scrutin avec 29  % des voix, préfère alors visiblement garder le rapport secret. Il ne sera publié que le 7  janvier, à quelques jours de l'annonce de la formation d'une coalition de gouvernement. Les mots " Septembre  2016 " ont opportunément été supprimés de la page de garde. M.  Benediktsson convient qu'il avait eu le rapport avant le scrutin, mais assure que le Parlement n'avait alors plus le temps de l'examiner avant de suspendre ses travaux et que cela n'aurait pas changé le résultat. " Si le rapport avait été présenté au Parlement peu avant les élections et si les gens avaient vu noir sur blanc combien d'argent a échappé à l'impôt, cela aurait assurément remis le sujet à l'ordre du jour ", a fustigé au contraire la chef de file du Parti pirate, Birgitta Jonsdottir, grande pourfendeuse des pratiques financières opaques sur l'île.
Jean-Baptiste Chastand
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir