Le Monde Education

Les leviers de l'égalité des chances

Le Mondejeudi 12 janvier 2017
Ils s'appellent " Une grande école : pourquoi pas moi ? ", " Programme d'études intégrées ", " Conventions éducation prioritaire ", ou encore " La chance aux concours "…
Tous ces dispositifs d'égalité des chances, labellisés " Cordées de la réussite " depuis 2008, -visent le même objectif : amener des jeunes de milieux défavorisés à poursuivre des études supérieures. Tour d'horizon des leviers qu'ils activent pour aider ces jeunes à briser les plafonds de verre.
La confiance en soi Partant du constat que pour s'engager dans des études longues et y réussir, il faut croire en ses capacités, les dispositifs d'égalité des chances -accordent une place centrale au travail sur la confiance en soi. La plupart organisent des ren-contres entre des étudiants issus de -milieux défavorisés et des -lycéens. " L'idée est de montrer qu'il est possible de venir des quartiers et d'intégrer une grande école ", explique Renaud Dorandeu, responsable du dispositif égalité des chances à -Paris-Dauphine.
Les professeurs des lycées qui participent à ce dispositif sont associés à chaque étape du programme. " Restaurer la confiance en soi est un travail de longue haleine. Eux seuls peuvent relayer le message au cours de l'année. L'autocensure se réinstalle très vite ", pointe Renaud Dorandeu.
Le savoir-être Réussir les oraux de concours est aussi une question de forme. L'Institut d'études politiques (IEP) de Lille organise des ateliers avec simulations d'entretiens. " C'est très concret. On aborde la manière de se présenter, de se tenir sur sa chaise, de positionner ses mains, sur la table ou non. Le regard aussi… ", -détaille Emmanuel -Calafiore, responsable des programmes de -démocratisation à l'IEP de Lille.
A l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec), le travail sur la posture passe par l'expression théâtrale. " Le jeune apprend à se sentir bien dans son corps et à s'accepter ", -explique Chantal Dardelet, responsable du pôle égalité des chances.
Alors qu'à Sciences Po Paris, l'accent est mis sur la prise de -parole en public. D'abord, les -lycéens analysent des déclarations d'hommes politiques. Puis, ils -débattent sur des sujets clivants. " L'idée est d'amener l'élève à argumenter contre ses convictions, de façon qu'il comprenne bien la différence entre argumentation et opinion ", -explique Hâkim Hallouch, responsable du programme.
La culture générale Pas un dispositif d'égalité des chances sans un volet culture générale. Certains, comme à Dauphine, proposent aux lycéens volontaires deux heures de " cours de renforcement " par semaine, dans les -matières clés (maths, histoire-géo, économie, etc.), assurés par les enseignants de leur lycée.
D'autres préfèrent aborder la culture générale par le biais de l'actualité. Sous forme de quiz, de jeux ou simplement de discussions entre les -lycéens et leurs tuteurs, comme à l'Essec. " L'idée est d'amener petit à petit les jeunes à prendre l'habitude de se tenir informés ", souligne Chantal Dardelet.
La dimension artistique, enfin, est également importante. L'IEP de Lille, en partenariat avec le -Musée des beaux-arts, propose d'aborder l'art à travers la pratique. Dans un premier temps, les élèves observent une œuvre, puis à leur tour de créer.
Isabelle Dautresme
Obtention du bac et origines sociales
La réussite au baccalauréat est inégale selon l'origine sociale des élèves et selon le type de baccalauréat préparé. Les orientations de fin de troisième vers un bac professioinnel, ou de seconde vers un bac technologique -ou général, conditionnent les poursuites d'études ultérieures. Les bacs pro conduisent rarement à une licence générale ou à un DUT, parfois à un BTS, alors que les bacs techno permettent l'entrée en BTS et en IUT et beaucoup moins vers une licence générale. Les enfants de cadres supérieurs et professions libérales ont les chances de succès les plus fortes : 96  % au bac général et 95  % au bac techno, pour respectivement 82,6  % et 85,4  % pour ceux issus des familles les plus démunies. Non seulement ils sont en proportion bien moins nombreux à se présenter à l'examen, mais leurs chances de succès sont moindres.
patrice caro et rémi rouault (géographes, université
de caen-normandie, umr espaces et sociétés)
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir