Culture

En bref

Le Mondejeudi 12 janvier 2017
Succès énorme à la Biennale de la danse de Lyon, en septembre  2016, la stupéfiante chorégraphie en mode catapulte d'Olivier Dubois grimpe à l'affiche de Chaillot. Au sommet de sa forme, épaulé par un groupe de vingt-deux interprètes de très haut niveau lancés comme des boules de flipper, Dubois impose une puissance de feu individuelle et collective sur les beats dévastateurs de François Caffenne.
Du 22 au 24  mars au Théâtre national de Chaillot (Paris).Mœder
Après un spectacle sur le père intitulé Vader, qui se situait dans le cadre d'une maison de retraite aussi terriblement réelle qu'incroyablement fantastique, le duo d'artistes de la troupe belge Peeping Tom poursuit son album de famille avec un nouvel opus, Mœder, centré sur la mère. Entre danse et théâtre, avec une acuité tragique mélangée d'humour noir, Gabriela Carrizo et Franck Chartier affirment plus que jamais un geste mixte d'une ampleur esthétique et humaine unique.
Du 26 au 28  janvier à la Maison des arts de Créteil.Tree of Codes
Quel casting sur le plateau de Tree of Codes, chorégraphié par le Britannique Wayne McGregor ! Inspiré par le roman éponyme de l'Américain Jonathan Safran Fœr qui a lui-même travaillé sur le roman de Bruno Schulz The Street of Crocodiles, ce spectacle combine les talents du musicien électro Jamie XX et du plasticien Olafur Eliasson pour le décor et les lumières. Avec les étoiles de l'Opéra national de Paris Marie-Agnès Gillot et Jérémie Bélingard, ainsi que des danseurs de la compagnie de McGregor.
Du 6 au 23  février à l'Opéra de Paris.Happy Hour
Parce qu'on a beaucoup ri et que l'affaire est rare, le spectacle Happy Hour (et c'est vrai, quelle que soit l'heure de la représentation !) des Italo-Bruxellois Alessandro Bernardeschi et Mauro Paccagnella vaut le détour plutôt deux fois qu'une par les temps qui courent. Ce pas de deux très théâtral et très dansé autour du mystère de la création, du sens du mouvement et de la beauté du métier de danseur envers et contre tout est un feu d'artifice. Avec l'accent italien évidemment et la bière belge  !
Du 23 au 27  janvier au Théâtre de la Bastille (Paris).Le doute m'habite
C'est en  2003 que Philippe Decouflé a conçu son seul et unique solo Le doute m'habite. Depuis, il le reprend régulièrement comme pour vérifier le baromètre de sa forme et de son évolution. Cœur battant de multiples projections, il devient le héros ordinaire et vibrant d'un spectre multicolore et kaléidoscopique. Avec toujours cette émotion ludique, cette vulnérabilité à fleur de peau dissimulée sous les images qui font le charme de Decouflé.p
Du 3 au 5  février à Sceaux, le 10 à Montbéliard, le 24 à Enghien-les-Bains, du 2 au 23  mars à Montpellier.ThéâtreLe Temps et la Chambre
Pour (re)découvrir une pièce magnifique de l'auteur allemand Botho Strauss, dans la belle mise en scène d'Alain Françon. Où l'on suit Marie Steuber, femme mystérieuse, forte et fragile, dans son étrange voyage dans l'espace et dans le temps. Le spectacle est porté par un ensemble d'acteurs exceptionnel : Georgia Scalliet, Gilles Privat, Dominique Valadié, Jacques Weber, Wladimir Yordanoff…
Jusqu'au 3  février au Théâtre de la Colline (Paris), puis en tournée.2666
C'est le spectacle qui a ébranlé le dernier Festival d'Avignon : l'adaptation de 2666, le roman-fleuve de Roberto Bolano. Julien Gosselin, qui l'a mis en scène, y confirme, à 29 ans, sa remarquable maîtrise du plateau, où la musique, le théâtre et la vidéo se liguent pour explorer le mal en notre siècle. Depuis sa création, ce marathon (onze heures) parcourt la France. Il arrive en fin de tournée.
Les 13 et 14  janvier à Grenoble, du 11 au 26  mars à Strasbourg, le 6  mai à Mulhouse.Honneur à notre élue
Toute création d'une pièce de Marie NDiaye est un événement. La nouvelle s'appelle Honneur à notre élue. Elle met en scène une femme politique, à qui tout réussit. Jusqu'au jour où réapparaissent dans sa vie ses parents, qui, disait-elle, étaient morts. Frédéric Bélier-Garcia, qui crée la pièce en son théâtre, Le Quai, centre dramatique national d'Angers, a réuni une distribution alléchante, avec, en particulier, la très fine Isabelle Carré, dans le rôle principal, et Patrick Chesnais.
Du 1er au 11  février à Angers, du 1er au 26  mars au Théâtre du Rond-Point (Paris).Erich von Stroheim
Stanislas Nordey, le directeur du Théâtre national de Strasbourg, retrouve Emmanuelle Béart et l'auteur Christophe Pellet pour ce Erich von Stroheim qui met en scène un trio amoureux  : une femme, deux hommes, L'Un, Elle et L'Autre. Que vient faire le génial cinéaste de Folies de femmes dans cette histoire  ? On le saura en voyant la pièce. Deux excellents a cteurs, Thomas Gonzalez et Laurent Sauvage, accompagnent Emmanuelle Béart dans cette aventure.
Du 31  janvier au 15  février à Strasbourg et du 25  avril au 21  mai au Théâtre du Rond-Point (Paris).La règle du jeu
La Comédie-Française continue à jouer la carte du cinéma. Après Les Damnés, de Visconti, La Règle du jeu, de Jean Renoir, entre au répertoire, dans une mise en scène de Christiane Jatahy. Première Brésilienne invitée à signer un spectacle salle Richelieu, cette artiste, virtuose dans l'art d'allier le théâtre et le cinéma, s'est imposée en France avec des adaptations remarquées de Mademoiselle Julie et des Trois sœurs. Sa création s'annonce comme la plus audacieuse de la saison de la Comédie-Française.
Du 4  février au 15  juin à la Comédie-Française (Paris).Un amour impossible
Pour la première fois, Christine Angot adapte elle-même un de ses romans au théâtre, et c'est une réussite. Créé en décembre  2016, au Centre dramatique national de Besançon Franche-Comté, dans une mise en scène de Célie Pauthe, le spectacle réunit deux comédiennes magnifiques, Maria de Medeiros et Bulle Ogier. L'une joue la mère, l'autre la fille, dans la vérité douloureuse, passionnelle et aimante de leur amour impossible.
Du 25  février au 26  mars à l'Odéon-Théâtre de l'Europe (Paris).L'Etat de siège
Emmanuel Demarcy-Mota, le directeur du Théâtre de la Ville, à Paris, ressuscite une pièce totalement oubliée d'Albert Camus, L'Etat de siège, créée par Jean-Louis Barrault en  1948. Une ville au bord de la mer, une "  peste  " politique qui se répand, un régime autoritaire qui s'installe, une révolte qui se lève… L'allégorie, teintée de fantastique, ne peut que résonner avec notre aujourd'hui. Avec, entre autres, deux acteurs monstres, fidèles compagnons du metteur en scène  : Serge Maggiani et Hugues Quester.
Du 1er  mars au 1er  avril à l'Espace Pierre Cardin (Paris).Les Bas-Fonds
Eric Lacascade retrouve Maxime Gorki, dont il a déjà mis en scène Les Barbares et Les Estivants. Il devrait, comme à son habitude, redonner toute son énergie contemporaine à la pièce et à ces Bas-Fonds écrits par Gorki en  1902, et qui, dans une Russie prérévolutionnaire, font le tableau réaliste de la vie d'un groupe de déclassés, d'exclus et de marginaux. .
Du 2 au 11  mars à Rennes.Five Easy Pieces
Auteur d'exceptionnels spectacles politiques, le Suisse Milo Rau a créé, en mai  2016, au Kunstenfestivaldesarts de Bruxelles, un spectacle sur l'affaire Dutroux. Le violeur et assassin d'enfants est ici abordé par le prisme du regard d'enfants belges de 8 à 13 ans, avec qui Milo Rau a mené un travail d'approche de ce que l'on peut considérer comme l'essence du mal. C'est déstabilisant, délicat et riche d'enseignements.
Du 10 au 19  mars à Nanterre.Médée-matériau
Il y a des spectacles qui marquent une époque  : Médée-matériau en est un. Créée au Festival d'Avignon, en  2002, dans une mise en scène d'Anatoli Vassiliev, cette pièce d‘Heiner Müller était interprétée par Valérie Dréville, d'une manière magistrale. La comédienne française et le metteur en scène russe y reviennent, dans une version qui marque une nouvelle étape dans leur travail de laboratoire sur le jeu.
Du 29  avril au 14  mai à Strasbourg.Musique classiqueLohengrin de Wagner
Après un repos forcé de presque quatre mois pour cause d'avarie vocale, le grand ténor allemand, Jonas Kaufmann, fera sa rentrée à l'Opéra Bastille dans le magnifique Lohengrin mis en scène par Claus Guth, qui fit l'ouverture de la Scala de Milan en  2012. Beau et fragile, puissant et émouvant, le plus grand Lohengrin actuel devrait une nouvelle fois user du pouvoir hallucinant de sa voix automnale. A ses côtés, un casting luxueux, la fauve Ortrud d'Evelyn Herlitzius, le Heinrich souverain de René Pape, la lumineuse Elsa de Martina Serafin et le Telramund de Wolfgang Koch sous la direction éclairée de Philippe Jordan.p
Du 18  janvier au 18  février à l'Opéra de Paris.Biennale d'art vocal
La Biennale d'art vocal tiendra sa huitième édition. Invité de marque, le Chœur de l'Orchestre de Paris qui fête, les 20 et 21  janvier, quarante ans de bons et loyaux services. Mais aussi la crème des Liedersänger – de Thomas E.  Bauer à Bernarda Fink, en passant par Christian Immler, le ténébreux Georg Nigl et le charismatique Christian Gerhaher (27  janvier). Professionnels et amateurs se croiseront sans doute sur l'autoroute de la voix qui va du baroque au hip-hop, l'Ensemble intercontemporain ralliant en deux concerts la Renaissance et la création d'aujourd'hui.p
Du 20 au 29  janvier à la Philharmonie de Paris.
par Rosita Boisseau, par Fabienne Darge et Brigitte Salino, F. DA., B.  Sa., B.  Sa., F.  Da., B.  Sa., B.  Sa., F.  Da., F.  Da, B.  Sa., B.Sa., par Marie-Aude Roux
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir