Sports nationaux

« Le Racing traverse juste une mauvaise passe »

Fabien Galthié, le consultant de France Télévisions, compare les difficultés du Stade Français et du champion sortant après leurs titres.

Le ParisienDavid Opoczynski
« Allez Béziers ! » Dans le foyer Jacques-Chancel, au siège de France Télévisions, Bernard Laporte interpelle Fabien Galthié. Ce dernier éclate de rire face à la pique du président de la Fédération faisant suite à une information de « Midi Olympique » qui l’envoie bientôt faire une pige au chevet du club de Pro D 2. Galthié ne dément pas. Avant de retrouver son rôle de consultant pour France 2 lors du prochain Tournoi des Six Nations, il a accepté d’analyser les saisons post-titres du Stade Français (qu’il a entraîné de 2004 à 2008) et celle du Racing 92.
Paris et le Racing semblent avoir du mal à digérer
leurs titres de champions
de France. Comment
l’expliquez-vous ?
FABIEN GALTHIÉ. Les situations ne sont pas comparables. Si vous regardez bien, le Stade Français était déjà dans la même dynamique avant son titre de 2015. Depuis 2010, ils n’avaient jamais été dans les six premiers (NDLR : 8 e, 11 e, 7 e, 10 e, 7 e). L’an dernier ils ont fini douzièmes. Et, là, ils sont encore partis pour faire autour de la 10 e place. Ce n’est donc pas nouveau.
Ce qui arrive au Stade Français depuis deux ans est donc dans la lignée du passé…
Pour moi oui, c’est cohérent. Ils sont à ce niveau depuis six ans. Donc c’est profond. C’est structurel. C’est leur niveau. Le titre est un exploit ponctuel.
Quant au Racing ?
C’est différent. A mon avis, ils seront dans les six sans problème. Ils ont eu une mauvaise conjoncture : le titre a digérer, l’affaire des corticoïdes, le report de leur premier match de Coupe d’Europe, l’affaire Goosen. Ce genre de chose, ça te fout un bordel terrible dans un vestiaire.
Quelle a été la recette
de Toulon pour parvenir à enchaîner un triplé européen et trois finales de Top 14 ?
Mais pas une équipe française n’a l’effectif qu’a eu Toulon sous les années de Bernard (Laporte) ! Et puis, après, c’est aussi une accumulation de petites choses : les mecs s’entendaient bien, tout allait bien.
Est-ce plus dur pour un club francilien d’être au sommet du rugby français ?
Je pense que le Racing y est et le Stade Français l’a été. Si on prend un peu de recul, le Racing traverse juste une mauvaise passe. C’est passager. Ils se sont qualifiés tous les ans depuis 2010. Tous les ans ! Et puis Lorenzetti, Laurent Labit et Laurent Travers sont des gens qui sont là pour s’inscrire dans la durée.
Vous comprendriez que la position des entraîneurs du Racing soit vite fragilisée en cas de mauvais résultats ?
J’aime beaucoup ce que font les deux Laurent. Mais oui, je comprendrais. Je suis bien placé pour le savoir (NDLR : il a été mis à pied à Montpellier en 2014).
Est-ce dur pour un entraîneur de rester en poste ?
Si je devais réentraîner, je ne repartirais jamais sur plus de quatre ans. Ça s’est très bien passé pendant quatre ans à Montpellier. Ça aurait été bien d’arrêter là. Au bout d’un moment, il faut aller voir ailleurs. Il y a des cycles.
Avec le départ de nombreux cadres et de son manageur Gonzalo Quesada, ne trouvez-vous pas que le Stade Français prend une direction incertaine ?
Mais ils ont l’air de se satisfaire de leur situation. Ils ne se qualifient qu’une fois en sept saisons mais ça a l’air normal, ils le vivent assez bien.
Trop bien ?
Je n’ai pas à juger. C’est leur direction qui fixe les objectifs.
Mais vous êtes bien placé
pour savoir qu’à Paris
il faut des résultats…
Je n’ai pas l’impression que le Stade Français positionne la barre très haut en termes d’objectifs.
Ils visent pourtant la qualification chaque année…
Ce n’est pas l’impression que ça donne. J’ai le sentiment que c’est une équipe qui vit bien, sans pression supplémentaire. Il n’y a pas de drame, pas de clash. Et puis, ils avaient recruté de manière ambitieuse, mais Steyn, à part l’année du titre, ça ne donne pas grand-chose. Genia, Alberts, ça ne donne rien.
A votre époque,
qu’aviez-vous en plus ?
Mais on ne peut pas comparer ! Avec tout le respect que je dois à la génération d’aujourd’hui, ils sont à des années-lumière. En commençant par le coach, qui était Nick Mallett. Et les joueurs, et l’ambiance… Nous, quand on faisait une mauvaise saison, on était troisièmes. Et on n’était pas contents.
L Le trois-quarts polyvalent Kitione Taliga, 23 ans, champion olympique de rugby à VII avec les îles Fidji, s’est engagé jusqu’à la fin de la saison avec le Stade Français en tant que joueur supplémentaire.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir