Sports nationaux

« Notre force, c’est de nous dire les choses »

Handball Mondial Déjà présent en 2001 lors du sacre des Bleus, Daniel Narcisse, l’arrière aux 300 sélections vit sans doute son dernier grand rendez-vous.

Le ParisienStéphane Bianchi
Son regard pétille presque plus que celui d’un junior. Sans doute parce que, Daniel Narcisse le sait, à 37 ans, il a de grandes chances de refermer son incroyable épopée sous le maillot bleu à l’issue de ce 25 e Mondial. Seize ans après son premier sacre planétaire sur le parquet de Bercy, le Réunionnais rêve de décrocher un quatrième titre mondial synonyme d’apothéose.
Est-ce votre dernière campagne avec les Bleus ?
DANIEL NARCISSE. (Rires.) Je n’en sais rien. Certains matins, c’est tellement compliqué de se lever que je me dis que c’est ma dernière campagne ! Et certains autres, j’ai le sentiment d’avoir encore beaucoup d’énergie à apporter à l’équipe de France. Depuis l’Euro 2016, je joue chaque compétition comme si c’était la dernière. Enfin, il y a aussi des sélectionneurs, peut-être ne voudront-ils bientôt plus de moi ? (Rires.) Je vais échanger avec eux pour voir quel rôle je peux avoir après le Mondial.
Votre choix sera-t-il lié au résultat du Mondial ?
Non, on prendra la décision après.
Quelle est la différence entre votre premier Mondial en 2001 et celui-ci ?
La version sympa, c’est de dire que j’ai quelques matchs de plus dans les jambes. La moins sympa est de constater que j’ai un bon paquet d’années en plus. (Rires.) Mais j’essaye d’utiliser mon expérience comme un atout pour aider l’équipe à être meilleure.
En décembre, avec le PSG, vous avez affronté le fils de votre ancien partenaire en sélection Guéric Kervadec…
(Il coupe en riant.) Je ne croise plus beaucoup de mes anciens potes sur le terrain : soit je joue contre leurs gamins, soit ils sont tous devenus coachs. C’est plutôt amusant de constater que, moi, je suis encore là. Ça veut dire que le plaisir et la motivation sont intacts.
Ça fait quoi d’atteindre le cap des 300 sélections* ?
Même si ça en fait un paquet, je ne compte pas forcément mes sélections. Le plus important pour moi, ce sont les aventures humaines. Je suis impressionné de voir les mecs donner autant, courir autant, pousser autant de tonnes de fonte pour essayer de vivre ces moments incroyables.
Quels sont les ressorts de 2001 qui peuvent servir à l’équipe de France en 2017 ?
J’étais super jeune à l’époque. C’était ma première compétition officielle et je me souviens que j’étais presque tétanisé de jouer le Koweït, une équipe loin d’être la meilleure du monde. Je m’étais mis une telle pression que j’ai rendu une copie très moyenne. Les cadres ont trouvé les bons mots pour atténuer ma déception. C’est ça que j’essaierai de transmettre aux gars : faire un Mondial à la maison, c’est une chance, ça doit nous libérer.
Vous qui avez beaucoup gagné avec les Bleus, comment avez-vous vécu la défaite en finale lors des JO de Rio ?
J’ai eu du mal après. J’ai essayé de réconforter tout le monde, de leur faire comprendre qu’on pouvait être fier d’avoir ramené une nouvelle médaille après les titres de Pékin et de Londres. Mais la déception, j’ai eu du mal à m’en débarrasser. Sûrement parce que, ça, c’est certain, c’était mes derniers JO. Petit à petit, j’ai retrouvé l’énergie nécessaire grâce aux attentions de mon entourage et du public qui m’ont dit avoir vécu des moments extraordinaires. C’est une fierté de leur avoir donné du bonheur.
Cette défaite a donc servi de piqûre de réveil ?
Lors du dernier rassemblement, on a fait une réunion pour échanger sur les Jeux et faire un bilan de ce qu’on a vécu. Dans ce genre de moments, on ne se dit pas que des choses sympathiques. Notre force, c’est de nous dire les choses. On l’a fait. Maintenant, on est tous prêts à se faire mal et surtout à faire mieux.
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir