Politique

« Vous devrez faire avec mes sourcils broussailleux »

N’attendez pas de lui qu’il change sa façon d’être ni qu’il modifie son programme : François Fillon, qui présentait hier ses vœux, assure qu’il restera droit dans ses bottes.

Le Parisien@olivierbeaumont,Olivier Beaumont
« On a eu un Fillon taille patron », résume Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur de l’Yonne, après les vœux du candidat de la droite adressés aux parlementaires et à la presse, depuis son nouveau QG de campagne, porte de Versailles (XV e). Une plate-forme gigantesque étendue sur trois niveaux et 2 500 m 2 ! Raillé pendant le mois de décembre pour sa cure de silence médiatique, l’ancien Premier ministre a revendiqué hier ses choix et son style. A prendre ou à laisser. Et c’est par l’humour qu’il a assumé cette discrétion de violette : « Vous devrez faire avec ma réserve et mes sourcils broussailleux. Dur travail ! » a-t-il lâché, avant de revenir, au milieu des siens, sur les autres sujets épineux du moment.
Niet définitif au cumul des mandats
« Je ne reviendrai pas dessus. Hors de question que je revienne sur cette promesse de campagne », tranche-t-il, alors que certains députés et sénateurs les Républicains (LR), frappés par le cumul des fonctions avec un mandat d’élu local, devront faire un choix en juin. Ce qui n’est pas sans causer certaines crispations. « On empêche déjà certains entrepreneurs d’être députés. Demain, ce seront les maires ! » tempête l’un d’eux. « Le risque, c’est d’avoir une classe politique totalement déconnectée du terrain », regrette Jean-François Copé, passé hier en coup de vent pour écouter Fillon. Sur ce sujet, comme sur les autres, le nouvel homme fort de la droite n’entend pas se laisser dicter sa ligne de conduite.
Des alliances avec Bayrou ? « Oui, mais… »
Fillon ne ferme pas la porte à des accords, notamment dans la perspective des législatives. « Je suis ouvert à tout. Mais je ne modifierai pas mon programme pour faire plaisir à qui que ce soit », prévient-il, toujours vexé par les attaques du maire de Pau après qu’il a clamé la semaine dernière qu’il était « chrétien ». « François Bayrou ne manque pas d’air ! Lui-même a déjà dit la même chose par le passé dans les médias, à au moins cinq ou six reprises », s’agace-t-il.
Avec Merkel, les points sur les « i »
Alors qu’une rencontre avec la chancelière Angela Merkel est prévue à Berlin (Allemagne) le 23 janvier, Fillon entend revenir avec elle sur les flux migratoires en Europe et la politique étrangère. « Elle est trop immobile dans le concert des nations », dit son entourage. « Je compte lui dire qu’il faut resserrer la zone euro, mais également travailler à une politique de défense et des frontières dans laquelle la France et l’Allemagne s’engagent fortement. Et enfin réfléchir à de nouvelles relations avec les Etats-Unis pour qu’elles soient moins naïves », insiste François Fillon.
Il aime bien Hamon… mais pas Macron
Ne lui parlez pas du candidat du mouvement En marche ! « Tout le monde dit qu’il est merveilleux et qu’il allait gagner. Mais franchement, ça ne va pas bien loin », confie en aparté l’ancien Premier ministre. « Il propose comme moi d’inscrire dans la Constitution le poids de la dépense publique à 50 %. C’est exactement ce que je dis ! Ça fait 100 milliards d’économie. Sauf que lui ne dit pas où il les fait. » Peu tendre avec les candidats de la primaire de la gauche, il ne sait même pas s’il regardera jeudi soir le premier débat télévisé : « Ça dépendra où j’en suis dans Designated Survivor, la série américaine que je regarde », glisse-t-il. « De toute façon, ils ont des programmes improvisés, avec un maximum de dépenses et un minimum de réformes. Le seul qui me semble un peu sortir du lot, c’est Hamon. Lui, on a l’impression qu’il est sincère. »
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir