Politique

Etre antisystème, la recette 2017

De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, en passant par François Fillon, tous fustigent les pouvoirs établis.

Le ParisienJannick Alimi,@jannickalimi1
Quelle mouche les pique tous ? Longtemps l’apanage du FN (parti anti-« UMPS ») puis de Jean-Luc Mélenchon (haro sur le capitalisme libéral et mondialisé), la posture antisystème est devenue le passage obligé de presque tous les candidats à la présidentielle. Hier, François Fillon, élu député depuis 1981, n’a pas hésité à reprendre cette antienne à son compte : « Il y a deux mois, je n’étais pas le candidat de l’establishment. Je n’ai pas l’intention de le devenir », a déclaré l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.
Même serments à gauche ! Manuel Valls, ancien vice-président de conseil régional, longtemps maire d’Evry, député pendant dix ans de l’Essonne, ministre de l’Intérieur puis Premier ministre, n’a pas hésité à lancer, mardi, à des journalistes interloqués : « C’est vous qui êtes enfermés dans le système. C’est vous qui représentez le système, ce dont les Français ne veulent plus. » Quant à Arnaud Montebourg, son projet pour l’Elysée se veut un projet « alternatif aux appareils politiques et à la pensée unique ».
La candidature d’Emmanuel Macron — pourtant archétype d’une élite à la française et jamais confronté au suffrage universel — s’inscrit dès l’origine dans cette logique. Membre d’aucun parti, pas même du PS, il s’est placé très vite hors de tout appareil partisan dont il a vivement critiqué les lourdeurs et les compromis pour finalement placer son discours — en attendant son programme — « ni à gauche ni à droite ».
« Ce positionnement antisystème d’une grande partie de la classe politique est devenu la condition à satisfaire avant de prendre la parole. C’est se mettre ainsi du côté du mécontentement populaire », explique Dominique Reynié, directeur général de Fondapol, la Fondation pour l’innovation politique.
Réformer les institutions
De Donald Trump (Parti républicain) aux Etats-Unis à Jeremy Corbyn (Parti travailliste) au Royaume-Uni, cette vague antisystème et populiste touche, depuis la crise de 2008 et la vague migratoire en Europe, la plupart des démocraties occidentales. « Ce mouvement peut doper le FN qui en est à l’origine ou au contraire le banaliser. Dans les deux cas, c’est le signe d’une dérive populiste. Ce qui est certain, c’est que le système politique ne pourra en sortir indemne. La seule issue serait une refonte profonde des institutions, une réforme facile à faire et qui ne coûte rien », estime Dominique Reynié. Mais une réforme qui se fait attendre…
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir