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Dalida

« Dalida » Dans le biopic de Lisa Azuelos qui sort aujourd’hui, Sveva Alviti, une Romaine de 32 ans, incarne superbement la chanteuse disparue en 1987. Mais quel travail !

Le ParisienPierre Vavasseur
C’est un peu comme pour un marathon : elle a tout donné. Tellement même qu’un soupçon d’épuisement est encore là, comme en témoigne cette crise d’épilepsie, jeudi dernier sur le plateau du « Grand Journal » de Canal + qui a conduit Sveva Alviti, 32 ans, née à Rome, à abandonner ces derniers jours la promotion du film « Dalida », de Lisa Azuelos (« LOL »), qui sort aujourd’hui sur 370 écrans.
Cette reconstitution de la trajectoire de Iolanda Gigliotti, alias Dalida, née au Caire, en Egypte, en 1933 et qui s’est donné la mort à 54 ans, le 3 mai 1987 à Paris, a d’abord semblé à des années-lumière de la jeune femme. Jusqu’à présent, cette sportive qui rêvait, gamine, d’être championne de tennis avant de s’orienter vers le mannequinat et de créer avec sa sœur une marque de prêt-à-porter n’avait tâté du cinéma qu’en y mettant un orteil.
elle a appris le français pour le film
Mais son agent est revenu à la charge et Sveva a fini par passer le casting qui lui paraissait si improbable. « Je ne parlais pas un mot de français, raconte-t-elle. Ce sont mes parents qui écoutaient Dalida. J’avais 3 ans quand elle est morte. J’ai vraiment découvert ses chansons lorsque je me suis intéressée au rôle. »
N’empêche : quand Lisa Azuelos lui a fait chanter en play-back « Je suis malade » « parce qu’avec cette chanson on ne peut pas tricher », affirme la cinéaste, tout le monde était en larmes. « Je me suis tournée vers Lisa et je lui ai dit : Je suis Dalida. Et elle m’a répondu : Je sais », se souvient cette fan d’Amy Winehouse et de David Bowie, qui ne s’explique toujours pas ce miracle. « Il s’est passé quelque chose d’intense, j’étais comme envoûtée pendant qu’elle me filmait. »
Cela se passait fin juin 2015 et l’enfer a aussitôt ouvert grand ses portes. Apprentissage du français, cours de danse, de maintien… « Il fallait chanter et danser en même temps, c’était très dur. Tous les matins, j’arrivais à 5 heures pour quatre heures de préparation : maquillage, coiffure, faux nez, fausses dents, extensions de cheveux. C’est comme s’il y avait deux jours en un seul jour. » Avec ça, sur le plateau, une crème, une pâte à modeler : « A peine lui demandais-je quelque chose, s’émerveille Lisa Azuelos, que c’était déjà fait. » Au cours du tournage, la réalisatrice n’en finissait pas d’être émue. « Mieux qu’émue, déboussolée, corrige-t-elle. C’était comme si j’avais été adoubée par la vraie Dalida. » Quant à Sveva, en quoi a-t-elle en elle un peu de la star ? « Je suis sensible comme elle. Entière et passionnée. Je suis une grande amoureuse moi aussi. Je sais ce que c’est que souffrir. »
Les mots d’amour ne sont-ils donc pas dérisoires comme dans la chanson « Il venait d’avoir 18 ans » ? « Sûrement pas ! s’insurge-t-elle. Pour moi, les mots d’amour sont les seuls qui sont vraiment éternels. » Comme les résurrections.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir