Val-d'Oise

Situation de crise à l’hôpital d’Argenteuil

Le ParisienMarjorie Lenhardtà Argenteuil
Hôpital d’Argenteuil (Val-d’Oise), hier soir. Un malade sur son lit. Il faut compter au moins trois heures d’attente pour être reçu en consultation (photo de droite).
LP/ARNAUD DUMONTIER
Aux urgences de l’hôpital d’Argenteuil, le personnel soignant n’observe aucun répit. Et hier soir, encore une fois, il n’y a pas eu d’accalmie. Peu après 20 heures, c’est la pleine période de rush : les infirmiers et aides-soignants courent dans tous les sens. Leur impératif : trouver vite des lits pour des patients atteints et ainsi libérer des brancards. Ils sont une dizaine de patients à attendre, dont certains même dans les camions de pompiers, par manque de place.
« C’est comme cela tout le temps depuis mi-décembre, cela a empiré avec cette grippe », confirme une blouse blanche qui pousse un vieil homme vers le service dédié. « Il y a eu un afflux massif avant les vacances de Noël, entre le 15 et le 20 décembre, cela débordait de partout, ça s’est calmé car les gens étaient partis et là, ca reprend », explique l’administrative de nuit. Pour Catherine Le Gall, responsable du service, son équipe doit faire face non pas à une hausse particulière du nombre de passages mais à un manque criant de lits pour toutes ces personnes — âgées principalement — qui doivent être hospitalisées d’urgence car la maladie provoque de graves difficultés respiratoires.
En réanimation, tout est plein
Au service réanimation, tout est plein. Une occupation à 100 %, ce qui n’est pas toujours le cas. En découlent donc des difficultés de gestion de flux et de manque de brancards.
Depuis vendredi, le centre hospitalier Victor-Dupouy est au niveau 3 du plan hôpital en tension pour faire face à l’augmentation du nombre et de la durée des hospitalisations. Un niveau de vigilance « jamais atteint depuis la mise en place du plan », d’après le directeur de l’établissement, Bertrand Martin. Hier, l’ensemble des chefs de service se sont réunis et une cellule de crise a été organisée. Les hôpitaux s’organisent entre eux pour orienter les Smur, les unités mobiles des samu, qui tournent énormément ces dernières semaines.
Une quinzaine de lits supplémentaires ont été ouverts dans différents services ( cardiologie, médecine polyvalente, pneumologie,...). Les équipes d’urgences ont été renforcées d’une infirmière et d’une aide-soignante et les médecins se rendent disponibles pour prêter main-forte. Les sorties de l’hôpital se font plus vite, voire plus tôt pour libérer de l’espace… en vue d’accueillir les nouveaux patients touchés par le virus.
Pour Catherine Le Gall, la situation épidémique est identique à celle de 2015 durant laquelle l’hôpital avait connu une mortalité multipliée par trois, particulièrement des seniors. Cet épisode risque fort d’entraîner la même surmortalité. Déjà, aux urgences, le personnel médical a pu observer une augmentation des cas de décompensation cardiaque, c’est-à-dire qui s’aggravent très vite. « Nous en avons entre cinq et dix chaque nuit », précise une infirmière. La responsable des urgences estime que l’épidémie durera encore quatre semaines.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir