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MAUVAISE GRIPPE

SANTÉ L’épidémie, qui touche fortement les plus de 65 ans, prend des proportions inquiétantes. Les urgences sont saturées.

Le ParisienFlorence Méréo
Des lits destinés aux hospitalisations de jour qui restent ouverts la nuit dans des hôpitaux parisiens, des services sous tension à Montpellier (Hérault) ou à Corbeil (Essonne)… ou carrément complets à Valenciennes (Nord). Toute la journée hier, « le Parisien » - « Aujourd’hui en France » a recueilli des témoignages de médecins et hospitaliers « inquiets » face à l’ampleur de l’épidémie de grippe.
« Les services d’urgence sont particulièrement sollicités, aux limites de leurs capacités », a renchéri dans la soirée la ministre de la Santé, Marisol Touraine.
Faut-il craindre que le virus H3N2, qui sévit depuis plusieurs semaines, soit aussi meurtrier que son cousin de l’hiver 2014-2015 ? Cette année-là, la grippe avait contribué à une surmortalité record de 18 000 personnes. Les annonces de la mort d’une adolescente de 13 ans en Ardèche au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre après avoir consulté pour une grippe puis celle, samedi, de treize décès au sein d’une même maison de retraite à Lyon (Rhône) n’aident pas à rassurer.
« Nous sommes face à une situation sérieuse, avec une grippe sévère. L’épidémie actuelle est visiblement plus importante qu’en 2015-2016 et se rapproche de celle de la saison 2014-2015 », ne cache pas Jean-Philippe Vinquant, le directeur général de la Cohésion sociale, une administration sous autorité du ministère. Lundi après-midi, c’est lui qui a organisé une réunion de crise avec de nombreuses fédérations et représentants de maison de retraite ou de service à domicile.
« Les autorités nous ont clairement dit que la France était en surmortalité à cause de la grippe », rapporte un participant. Le dernier rapport de l’Institut de recherche pour la valorisation des données de santé (Irsan) publié hier montre une explosion du nombre de personnes âgées touchées par la grippe (+ 21  % par rapport aux sept dernières épidémies).
« Nous avons insisté sur la nécessité d’être vigilant, reprend Jean-Philippe Vinquant, et demandé aux établissements de relancer la vaccination de leurs résidents. Ils doivent mettre à leur disposition, ainsi qu’au personnel, des masques et des solutions pour se laver les mains. Ces mesures sont essentielles, comme le fait de se signaler aux autorités dès lors qu’il y a cinq personnes de l’établissement touchées par la grippe. »
Pas suffisant, selon l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) : « L’Etat doit prendre toutes les mesures, en maison de retraite comme à domicile, en donnant les moyens financiers pour recruter des personnels de soutien ou payer des heures supplémentaires », appelle-t-elle de ses vœux.
Annabelle Veques-Malnou, directrice de la Fnadepa, la Fédération de directeurs d’établissements pour seniors, elle aussi s’interroge. « Le taux de vaccination des professionnels de santé est très faible. Cela pose des questions face à un virus qui se transmet. » Depuis 2006, le personnel des maisons de retraite où se propage à vitesse grand V le virus n’a effet plus l’obligation de se faire vacciner contre la grippe.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir