Industrie & Services

Hu Yanyan : « Nous voulons devenir une entreprise globale, mais étape par étape »

Les EchosM. R.
Plus ancienne maison de ventes aux enchères dans l'empire du Milieu, China Guardian a été fondée en 1993 par Chen Dongsheng, dont l'épouse est une petite-fille du Grand Timonier, Mao Tsé-toung.
Comment est né China Guardian ?
Chen Dongsheng a découvert les enchères à la télévision, car la Chine n'avait pas cette culture. Il a alors fondé China Guardian, puis a créé une société d'assurances, Taikang, devenue la quatrième du pays avec plusieurs centaines de milliers de salariés. China Guardian - qui ne compte que 100 collaborateurs - en est le principal actionnaire. Collectionneur lui-même, Chen Dongsheng a doté Taikang d'un centre d'art contemporain chinois.
Quels sont les atouts de votre maison ?
Je crois pouvoir répondre : notre excellente réputation, nos onze départements et notre expertise forte sur les peintures traditionnelles chinoises. En outre, nos ventes se déroulent en Chine continentale et à Hong Kong : il y a vingt ans le centre du marché était Hong Kong, mais, depuis 2005, il s'est décalé à Pékin. Notre clientèle est essentiellement chinoise, mais nous avons aussi des acheteurs internationaux à Hong Kong. Nous commençons d'ailleurs à nous intéresser à l'art occidental avec une équipe à Hong Kong. Nous avons aussi des bureaux à Shanghai, New York, Vancouver, Tokyo, Taipei, Canton, et en Europe via notre partenaire Hadrien de Montferrand.
Le marché chinois a-t-il redémarré ?
Oui ! La croissance a été de l'ordre de 15 % en 2016. Sur le seul continent, hors Hong Kong, China Guardian a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 5,4 milliards de yuans [744 millions d'euros, NDLR], contre 3,7 en 2015 et 4,5 en 2010.
Quelle place occupe l'art contemporain ?
Contrairement à l'Europe ou aux Etats-Unis, il ne pèse encore que 10 % des ventes en Chine. Ce département va se développer avec la multiplication des musées privés et la raréfaction des chefs-d'oeuvre anciens. L'art contemporain intéresse les jeunes collectionneurs qui ont beaucoup voyagé.
Quelles synergies envisagez-vous avec Sotheby's ?
Nous voulons devenir une entreprise globale, mais étape par étape. Dans l'immédiat, il n'y a pas de synergies en place. Nous sommes focalisés sur notre nouveau siège, le Guardian Art Center, face à la Cité interdite et au Musée national. Quelque 120 jours par an nous y organiserons des ventes et, le reste du temps, des expositions. Ce sera un vrai acteur culturel pour Pékin, qui délivrera des formations à la manière du Sotheby's Institute, et abritera un hôtel de luxe.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir