Industrie & Services

PSA limite la casse grâce à l'Iran mais souffre sur le crucial marché chinois

Les EchosJulien Dupont-Calbo
Citroën et DS sont à la peine, Peugeot ne va pas vraiment mieux. Le groupe perd également des parts de marché en Europe.
Les stigmates sont encore présents. Trois ans après le chemin de croix financier qui avait failli mettre le groupe à bas, PSA a repassé la barre des 3 millions de véhicules vendus à l'année. Une première depuis 2011. Grâce à la réincorporation des immatriculations venues d'Iran - quelque 233.000 modèles sous licence -, le constructeur a vu ses volumes progresser de 5,8 % en 2016, à 3,15 millions d'unités. Mais à périmètre constant, sans l'apport de son partenaire Iran Khodro (qui assemble des Peugeot n'existant plus au catalogue avec un retour financier pour PSA assez flou), les ventes mondiales du groupe auraient reflué de 2 %. Et ce alors que les grands marchés mondiaux, Chine et Europe en tête, connaissent une forte croissance.
Une offre insuffisante
De fait, Citroën et DS, les marques du groupe en manque de modèles frais, accusent le coup. Chez DS, le pari haut de gamme de Carlos Tavares, le patron de PSA, il faudra attendre 2018 pour voir du nouveau arriver. Chez Citroën (20.000 ventes perdues en un an), on peut compter sur la nouvelle C3 depuis novembre. « Nous en avons déjà vendu 40.000 », détaille Linda Jackson, la patronne de la marque, qui admet que Citroën est « en bas d'un cycle ». « Nous n'avons pas une offre suffisante de SUV. Nous devrions avoir une gamme complète en 2020 ou en 2021. […] Il faut encore attendre un peu », dit-elle.
De son côté, Peugeot paraît (un peu) mieux loti. Au global, ses ventes ont gonflé de 12 %, mais ces dernières auraient été négatives sans la bouffée d'oxygène iranienne, alors que son offre semble mieux achalandée que celles de Citroën et DS. « Nous travaillons d'abord la valeur résiduelle de nos véhicules. Nous voulons bosser sur nos modèles particuliers de manière saine, sans appuyer sur le bouton volume », défend Jean-Philippe Imparato, le nouveau patron de Peugeot, qui se félicite du démarrage du nouveau SUV 3008, écoulé à 60.000 exemplaires en trois mois. La marge avant le volume, c'est le message de Carlos Tavares. Consolation importante, les ventes d'utilitaires se tiennent bien, avec une hausse de 10 % chez Peugeot et de 5,5 % chez Citroën.
Au-delà de la situation des marques, les positions géographiques interpellent. En Europe, Citroën signe sa meilleure année depuis 2011, mais les ventes du groupe progressent deux fois moins vite que le marché. PSA perd donc des parts de marché dans son fief, où Renault, le concurrent de toujours, l'a rattrapé.
Les chiffres sont encore plus effrayants en Chine. Alors que le constructeur vient d'ouvrir sa cinquième usine à Chengdu, les ventes reculent de 16 %, à 618.000 exemplaires (dont seulement 16.000 pour DS). Très loin de l'objectif du million d'unités à horizon 2018… « Les choses sont très compliquées là-bas », concède Linda Jackson. « Il y a un sujet réseau, ajoute Jean-Philippe Imparato. Nous devons y renouveler un quart de nos concessionnaires, qui doivent mieux gérer le marché de l'occasion et de l'après-vente. Le chantier est déjà lancé ».
En clair, PSA, dont les comptes sont repassés dans le vert en 2015, joue gros en 2017. Pour relancer ses ventes et éviter de faire des choix douloureux, le constructeur mise sur les SUV Peugeot 3008 et 5008, et sur la Citroën C3. Un franc succès de ces modèles serait bienvenu.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir