France

Grippe : les hôpitaux pris d'assaut par les malades

Les EchosSolveig Godeluck
Marisol Touraine demande aux établissements de faire de la place pour accueillir les malades. La Fédération hospitalière de France met en avant les fermetures de lits exigées par le gouvernement.
Alors que les urgences sont prises d'assaut par les malades de la grippe, la ministre de la Santé Marisol Touraine a reconnu mercredi que « le bilan de l'épidémie sera probablement lourd ». La grippe s'est déclarée tôt cette année et devrait connaître son pic la semaine prochaine en France. Depuis novembre, 627 personnes gravement atteintes ont été admises en réanimation, parmi lesquelles 52 sont mortes. Santé Publique France précise que 85 % des personnes décédées étaient âgées de 65 ans ou plus.
Le souvenir de la surmortalité de l'hiver 2014-2015 (18.300 décès de plus en partie dus à un épisode grippal violent) est dans tous les esprits. La ministre de la Santé multiplie donc les annonces pour montrer que les pouvoirs publics ne restent pas les bras ballants. Ainsi, mercredi elle a envoyé une instruction aux établissements hospitaliers afin qu'ils fassent de la place aux malades, en rappelant des soignants en congés, en repoussant des opérations chirurgicales programmées, en accélérant les sorties. « Je m'assure que des lits d'hospitalisation restent partout disponibles », a-t-elle déclaré.
Un vaccin efficace
Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France, est dubitatif : « Les directeurs d'hôpitaux n'ont pas attendu une instruction ministérielle pour faire leur travail », souligne-t-il. Les établissements « font face », assure-t-il, même s'ils sont sous tension. Cela est dû, selon lui, à « la défaillance de la médecine libérale » - les gens se présentent aux urgences faute de trouver un généraliste près de chez eux - mais aussi aux capacités d'accueil qui se réduisent. « On a peut-être fermé trop de lits », avance-t-il, en citant les 16.000 suppressions de lits exigées sur 2015-2017. Des lits de chirurgie ont été supprimés, alors qu'ils auraient pu être reconvertis en lits de médecine, déplore-t-il.
Par ailleurs, le directeur général de la Santé, Benoît Vallet, a suggéré que les soignants pourraient être obligés de se vacciner - seuls 25-30 % se protègent. Dans l'ensemble de la population, le taux de vaccination contre la grippe est reparti à la hausse : 48,3 % des personnes à risque invitées à se faire vacciner l'ont fait en 2015, contre 46,1 % en 2014. Ce taux avait chuté de 14 points après le cafouillage des pouvoirs publics sur la grippe H1N1. Selon Santé Publique France, le vaccin contre la grippe évite 2.000 décès par an parmi les personnes âgées, même si son efficacité s'amoindrit avec le grand âge.
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir