Industrie & Services

L'EPR d'Hinkley Point rapportera à Bouygues 1,7 milliard d'euros

Les EchosMyriam Chauvot
On connaît désormais la part qui reviendra au français dans ce contrat. Il avait été remporté en consortium en 2014 pour construire les 2 réacteurs nucléaires EPR anglais.
Le carnet de commandes de Bouygues a reçu un beau cadeau de Noël. C'est 1,7 milliard d'euros qui s'y est ajouté en décembre, a-t-on appris mercredi, et ce au titre du contrat de construction des bâtiments des deux réacteurs nucléaires EPR de
    la centrale d'Hinkley Point
dans le Somerset, au sud-ouest de l'Angleterre. Le consortium Bylor, composé de Bouygues TP et de son partenaire britannique Laing O'Rourke, avait été désigné attributaire de ce contrat pour la tranche C de Hinkley Point en octobre 2014.
Le contrat ne pouvait pas intégrer le carnet de commandes de Bouygues tant qu'il n'était pas devenu effectif et il restait à préciser la part du contrat de Bylor revenant en propre au français. Ce sera donc 1,7 milliard d'euros sur un contrat de génie civil pour Bylor de 2 milliards de livres sterling (en monnaie 2012), soit 2,3 milliards d'euros au taux de change actuel.
« La centrale d'Hinkley Point C fournira 7 % de la consommation d'électricité du Royaume-Uni et permettra d'approvisionner plus de 5 millions de foyers en électricité », rappelle Bouygues. Hinkley Point C, qui doit être mis en service fin 2025, constitue le troisième contrat de génie civil engrangé par le groupe de Martin Bouygues pour les centrales nucléaires utilisant la nouvelle technologie EPR (European Pressurized Reactor).
Il avait déjà été retenu par Areva pour réaliser la centrale EPR finlandaise d'Olkiluoto en 2005 puis par EDF pour Flamanville (Manche) en 2006. Ceci après la réalisation de plusieurs centrales de deuxième génération (Le Bugey, Saint-Alban, Chooz). Mais, tant Olkiluoto que Flamanville ont accumulé les retards et les dérapages de coûts. Les centrales EPR collectionnent en effet les déconvenues. A Olkiluoto, l'électricien finlandais TVO, client d'Areva, comptait sur une mise en service en 2009. Au final, la centrale ne démarrera que fin 2018 selon le planning actuel. Du fait non pas du génie civil, mais des travaux nucléaires du ressort d'Areva. Leur dérapage a porté le coût d'Olkiluoto de 3,5 à 8 milliards d'euros, suscitant un contentieux toujours en cours à la Chambre de commerce internationale.
Olkiluoto a essuyé les plâtres, car la technologie de l'EPR y était une première mondiale. Mais le chantier de Flamanville ne s'est pas mieux passé. Les coûts ont triplé, à 10,5 milliards d'euros, et le démarrage se fera fin 2018 avec six ans de retard.
Sur un plan social, Bouygues s'était exposé aux critiques en Finlande pour avoir utilisé à Olkiluoto des ouvriers détachés d'Atlanco, une agence d'intérim irlando-chypriote pratiquant la fraude aux charges sociales. Récidivant à Flamanville, le groupe doit répondre en France à un procès pour fraude au détachement de 460 soudeurs et ferrailleurs polonais et roumains. Il a écopé d'une amende et un jugement en appel est attendu le 20 mars. Avec Hinkley Point C (qui mobilisera à son pic 3.500 ouvriers), Bylor et Bouygues s'engagent donc sur un chantier à haut risque.
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir