Industrie & Services

Les commandes de TGV promises après l'affaire Alstom se font attendre

Les EchosL. S.
Les conseils d'administration de la SNCF tenus en décembre et janvier n'ont pas abordé le sujet, contrairement à ce qu'avait annoncé le gouvernement.
Si le plan de charge des usines françaises d'Alstom a repris un peu de tonus grâce à la commande de RER nouvelle génération officialisée mercredi (lire ci-dessus), les engagements de commandes de TGV pris pour assurer la pérennité du site de Belfort ne se sont, eux, toujours pas concrétisés.
Début octobre, le gouvernement avait annoncé une commande de 6 rames par la SNCF pour renouveler le matériel de la ligne Paris-Milan, et une autre, atypique, de 15 rames, effectuée par l'entreprise publique pour le compte de l'Etat et qui a fait couler beaucoup d'encre. Ces TGV doivent en effet circuler sur des lignes classiques entre Bordeaux et Marseille, « par anticipation de l'arrivée des lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan », expliquait alors l'exécutif, lesdites LGV ne devant pas être construites avant 2024 au mieux. Le 28 novembre dernier, la formalisation de ces engagements semblait en bonne voie. La commande des 6 rames pour Paris-Milan « sera inscrite au conseil d'administration de SNCF Mobilités de décembre », indiquait un communiqué du secrétariat à l'Industrie, et celle des 15 rames « sera soumise [...] en janvier 2017 ».
Chacun se renvoie la balle
Pourtant, aucun des deux sujets n'a été abordé, ni au conseil d'administration de décembre, ni à celui de janvier qui s'est tenu mercredi. Interrogé par « Les Echos », Bercy se veut rassurant et assure que les engagements ne sont pas remis en cause, même si « des discussions techniques, pour caler les modalités », entre la SNCF et Alstom, ont nécessité un report. L'entreprise publique, de son côté, indique qu'elle attend la décision de l'Etat pour passer la commande desdites rames, puisque c'est la puissance publique qui doit les financer.
Chacun semble donc se renvoyer la balle et l'échéance de la présidentielle, à la suite de laquelle le futur exécutif ne se sentira pas forcément comptable des promesses passées, se rapproche. Selon un expert, le besoin de la SNCF de 6 rames pour la ligne Paris-Milan est avéré, mais les discussions continueraient d'achopper sur le prix : pour accepter celui concédé sous la pression du gouvernement, Alstom jugerait nécessaire de sécuriser au préalable la commande des 15 rames d'Etat. De son côté, le constructeur se refuse à tout commentaire.
Selon une autre source, plusieurs problèmes opérationnels posés par la commande de ces rames pour la ligne Bordeaux-Marseille n'ont toujours pas été soulevés. Par exemple, les centres de maintenance situés sur cette ligne ne sont pas conçus pour entretenir des rames TGV. Y remédier pourrait nécessiter jusqu'à 50 millions d'investissement. Par ailleurs, faire circuler des TGV au lieu de trains Intercités classiques génère un surcoût de l'ordre de 30 %, ce qui creusera le déficit de ces lignes dans les comptes de la SNCF.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir