Industrie & Services

Hambourg ouvre enfin sa philharmonie

Les EchosThibaut Madelin,Correspondant à Berlin
La Philharmonie de l'Elbe a été inaugurée en présence du président et de la chancelière allemande. Le calendrier et le budget ont explosé.
Cette fois-ci, la date n'a pas bougé. La Philharmonie de l'Elbe, dont l'inauguration a été repoussée à plusieurs reprises à la suite des dérives du chantier, a bel et bien ouvert ses portes mercredi 11 janvier. Tout le gratin était à Hambourg dans la soirée, à commencer par le président de la République Joachim Gauck, et la chancelière, Angela Merkel.
Un hommage inespéré pour un projet controversé. Car ce bâtiment hors normes de 200.000 tonnes - l'équivalent de 722 Airbus A380 -, qui surplombe l'Elbe, a d'abord été la risée de la ville hanséatique avant de devenir sa fierté. Entre l'idée d'origine, adoptée par la ville-Etat en 2005, et la facture finale, le projet a en effet vu son budget multiplié par dix, à 789 millions d'euros.
Gestion hasardeuse
Le chantier de la Philharmonie de l'Elbe a même failli être définitivement stoppé en 2011, à la suite de querelles entre la ville, le constructeur Hochtief et les architectes suisses Herzog & de Meuron. De quoi devenir le symbole d'une gestion hasardeuse et allonger la liste des grands projets allemands à la dérive, incluant l'aéroport de Berlin ou la gare de Stuttgart. A l'origine des problèmes, un contrat de construction signé précipitamment, avant que les plans ne soient terminés, et un projet architectural très ambitieux. Les architectes, qui ont réalisé la Tate Modern de Londres, ont élevé, au-dessus d'un ancien entrepôt de cacao en brique, un corps imposant avec une façade de verre de 16.000 mètres carrés, comprenant 1.100 facettes concaves et convexes.
L'ensemble, qui abrite également un hôtel 5 étoiles et 45 appartements de luxe, mesure 110 mètres de haut et trône au-dessus de l'Elbe, tel un navire étendard. Il doit d'ailleurs représenter la ville au-delà des frontières, notamment grâce au sommet du G20 qui aura lieu en juillet à Hambourg.
Son acoustique, réalisée par le Japonais Yasuhisa Toyota - qui a aussi oeuvré à Paris - est manifestement une réussite. « Je n'ai jamais entendu une telle qualité de son », s'enthousiasme un musicien qui a joué dans les meilleures salles au monde et participé aux répétitions ayant eu lieu avant l'ouverture.
La salle affiche complet
Avec les 2.100 places de sa salle principale, qui affiche déjà complet pour plusieurs mois, et une grosse campagne de relations publiques, « Elphi », comme on l'a surnomme, espère rentabiliser l'investissement. L'euphorie due à son inauguration, après l'hystérie qui a accompagné le chantier, pourrait l'y aider.
Elle laisse toutefois un arrière-goût amer et une méfiance profonde vis-à-vis des grands projets. En 2015, les Hambourgeois ont ainsi refusé par référendum d'accueillir les Jeux Olympiques de 2024, craignant que le budget de la manifestation dépasse les 11 milliards d'euros annoncés par la ville.
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir