Industrie & Services

Le projet de bus électrique express sème le trouble au niveau régional

Les EchosDenis Fainsilber
Paris a pris de court le Stif avec son projet de bus articulé en site propre. Les négociations s'annoncent ardues.
Le projet de nouvelle ligne de bus 100 % électriques dans Paris, annoncé par la maire Anne Hidalgo lors de ses voeux aux élus le 6 janvier, longera certes les berges de Seine mais ne s'annonce pas comme un long fleuve tranquille. Il a pris de court le Stif, l'autorité organisatrice des transports publics d'Ile-de-France, émanation de la région et interlocuteur obligé sur ces sujets.
« Je découvre ce projet de "tram-bus Olympique", ce n'est pas le projet qu'on a travaillé depuis des mois avec la Ville », a ainsi réagi Laurent Probst, le directeur général du Stif. Le nouveau concept, devant en principe être étudié dans le détail en 2017 pour une mise en service progressive dès 2018, est voué à remplacer l'actuelle ligne de bus 72. Celle-ci relie le parc de Saint-Cloud à l'Hôtel de Ville et est pénalisée en termes de ponctualité par la fermeture de la voie sur berge rive droite depuis juillet dernier. Ni le matériel envisagé par Paris ni même le parcours aller-retour ne correspondent aux discussions précédentes, affirme-t-on chez l'organisme régional, présidé par Valérie Pécresse. « Or le Stif est responsable des acquisitions de bus et décide du service. Il faudra donc un accord », insiste son dirigeant.
Pour remplacer le bus actuel à moteur Diesel et prolonger le service jusqu'à la gare de Lyon dans un premier temps, le Stif prévoyait de commander 30 bus électriques d'une longueur normale de 12 mètres, comme ceux déjà exploités sur la ligne Etoile-Porte de Clignancourt, avec des bus Bolloré. « Pour nous, le projet, c'était ça », remarque Laurent Probst. Et la future ligne devait continuer d'emprunter la rue de Rivoli dans le sens est-ouest, comme aujourd'hui. Mais la Mairie de Paris se montre nettement plus ambitieuse. Elle songe à l'équiper de bus en version articulée de deux, voire trois modules (soit de 18 ou 24 mètres de long), à aménager la voirie afin de lui donner la priorité aux intersections et, surtout, de l'installer sur deux voies opposées en site propre sur le même axe routier, en l'occurrence les quais hauts, ce qui aurait pour effet de réduire drastiquement l'espace restant pour les voitures.
Au-delà de ces divergences, reste encore à déterminer qui pourrait fournir un matériel à plancher plat de ce type. Bolloré semble hors-jeu. La Mairie songe, semble-t-il, au belge Van Hool. Ce dernier n'a livré pour l'instant que deux exemplaires 100 % électriques à Hambourg, mais équipe d'autres agglomérations avec des versions voisines, dont Metz avec un bus articulé hybride-diesel. Si les performances des batteries s'avèrent insuffisantes - et la RATP aura son mot à dire sur le sujet -, les alternatives seraient deux constructeurs chinois, Yutong et BYD. Un choix qui poserait un problème d'affichage politique. « A ce stade, on ne connaît pas le prix de ces bus, il n'y a donc pas de financement », ajoute le dirigeant du Stif, Les discussions, qui ne font que commencer, s'annoncent tendues.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir