Entreprise & Marchés

Pas de prison ferme pour les syndicalistes de Goodyear

Les EchosGuillaume Roussange,Correspondant à Amiens
Ils ont décidé de se pourvoir en cassation. C'est Fiodor Rilov, l'avocat des huit ex-salariés de Goodyear, qui a fait part de la décision de ses clients, à l'issue de l'audience organisée hier au tribunal de grande instance d'Amiens. Quatre des salariés, dont Mickaël Wamen, ex-leader de la CGT de l'usine, ont été reconnus coupables de séquestration et condamnés à 12 mois avec sursis. En revanche, ils ont été relaxés du chef d'accusation de « violences en réunion ».
« Aucun des militants condamnés n'a à se reprocher un acte quel qu'il soit, susceptible d'être qualifié de délit pénal », a martelé l'avocat. Les anciens salariés de l'usine ne semblent pas prêts à abandonner le combat, alors même que, en première instance, le 12 janvier 2016, ils avaient été condamnés à 24 mois de prison dont 9 ferme pour « séquestration et violences en réunion ». A l'audience en appel, le 19 octobre dernier, l'avocat général Dominique Tailhardat avait requis 2 ans de prison avec sursis. Il leur est reproché d'avoir séquestré, durant une trentaine d'heures le directeur du site et le responsable des ressources humaines. Reconnus coupables de violences en réunion, trois autres militants ont quant à eux été condamnés à des peines de 2 à 3 mois de prison avec sursis. Le dernier prévenu a été relaxé.
Lors des audiences, les ex-salariés ont expliqué que cette séquestration relevait d'un « coup de sang » lié à « l'absence de dialogue » avec la direction du géant du pneumatique, résolue à fermer l'usine de 1.143 salariés.
Permis de démolir
En réalité, cet épisode n'a été que le point d'orgue d'une série de blocages et de manifestations, parfois violentes, organisés par le syndicat majoritaire pour tenter de faire plier l'industriel américain. Celui-ci a préféré fermer son usine d'Amiens Nord et abandonner tout projet de reprise, même partielle, de l'activité. En particulier, celui porté par Maurice Taylor, président du groupe Titan, dont les sorties sur la France avaient donné lieu à une série d'échanges improbables avec le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Finalement, après sept ans de bataille juridique, syndicats et direction ont signé un protocole de fin de conflit, scellant la fin de l'usine, installée depuis 1962. Il prévoyait le versement d'une prime additionnelle aux salariés ainsi que l'abandon des poursuites pour la séquestration des deux cadres. C'est donc le parquet qui a décidé de poursuivre. L'usine a fermé ses portes en janvier 2014.
En décembre, Goodyear a déposé un permis de démolir pour l'immense site de 28 hectares, aussitôt contesté par la CGT. Les élus d'Amiens Métropole y seraient favorables afin de tirer un trait définitif sur un conflit très dommageable, selon eux, pour l'image de la ville.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir