Industrie & Services

Airbus livre toujours plus d'avions, en dépit d'une forte baisse des commandes

Les EchosBruno Trévidic, à Toulouse
Airbus a livré 688 appareils en 2016, malgré les retards de ses fournisseurs.
En décembre, Airbus a dû abuser de la potion magique chère aux Gaulois d'Astérix. Durant le dernier mois de 2016, l'avionneur a livré pas moins de 111 appareils, contre une cinquantaine en moyenne durant le reste de l'année. Et ce, tout en engrangeant 321 commandes, contre 410 sur les onze mois précédents. Un sprint final exceptionnel qui lui permet de terminer la course aux commandes en tête, avec un total de 731 commandes supplémentaires (hors annulations), contre 668 pour Boeing. L'avionneur européen est certes distancé par son rival en nombre de livraisons, avec un total de 688 appareils livrés, contre 748 livraisons pour Boeing. Mais Airbus a pulvérisé son objectif de 670 livraisons en 2016, battu son propre record de production et atteint son principal objectif commercial : un nombre de commandes supérieur à celui des livraisons. Ce qui permet à son carnet de commandes d'atteindre le niveau record de 6.874 appareils, d'une valeur totale, au prix catalogue, de plus de 1.000 milliards de dollars.
Ce n'était pas gagné. Entre les problèmes de moteurs sur les A320 neo et les retards de livraison des équipements de cabine sur l'A350, Airbus était encore très en deçà de ses prévisions de livraison à mi-2016. « L'année 2016 n'a pas été facile, a reconnu son PDG, Fabrice Brégier. Sur les six premiers mois, nous n'avions livré que 12 A350 », rappelle-t-il. Pour terminer l'année à 49 livraisons d'A350, tout proche de l'objectif de 50 livraisons. Même chose avec l'A320 neo : si une vingtaine d'appareils n'ont pas pu être livrés faute de moteurs Pratt & Whitney, Airbus est néanmoins parvenu à en livrer 68, dont 29 motorisés par le tandem franco-américain CFM.
Performance industrielle
Cependant, au-delà de la performance industrielle, 2016 a également confirmé la baisse des prises de commande amorcée en 2015. Si les équipes commerciales de John Leahy, le directeur des ventes d'Airbus, ont battu des records en décembre, les prises de commande de l'année 2016 sont en baisse de 30 % par comparaison à 2015 et de 50 % à 2014. La baisse est particulièrement forte sur les segments des gros-porteurs long-courriers, avec 41 prises de commande d'A350 et aucune nouvelle commande d'A380. Un phénomène qui n'est pas propre à Airbus et qui alimente les spéculations sur la fin du cycle haussier dans l'aéronautique.
Une hypothèse démentie par John Leahy. « Il faut bien distinguer le cycle des prises de commande et celui des livraisons, souligne-t-il. Les prises de commande ralentissent, mais, concernant les livraisons, nous sommes en augmentation pour la 14e année de suite. Cela va continuer en 2017. En revanche, le ratio de commandes sur livraisons sera probablement inférieur à un. »
Cette baisse des commandes ne semble pas non plus inquiéter Fabrice Brégier : « Quand on lance de nouveaux programmes, on espère prendre un nombre important de nouvelles commandes à dix ans, comme c'est le cas pour l'A350 et l'A320 neo. Mais quand l'appareil entre en ligne, ce n'est plus la même chose. » Vers 2020, Airbus devrait avoir comblé l'écart de livraisons avec Boeing, avec une production totale de l'ordre de 900 appareils par an, explique son PDG. Ce qui pourrait permettre de revenir à un équilibre entre les commandes et les livraisons - ou entre l'offre et la demande.
Les chiffres clefs 731 commandes
ont été engrangées par Airbus au cours de l'année 2016 (hors annulations).
111 livraisons
Le nombre d'appareils livrés par Airbus au cours du seul mois de décembre.
-30 % La baisse
du nombre de commandes enregistrées en 2016 par rapport à 2015.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir