Expresso

«Vous sentez monter la vague Jadot ? Non, mais en vrai ?»

Réduction du temps de travail, égalité hommes-femmes, arrêt du nucléaire… Le candidat EE-LV, qui a présenté son programme à la presse mercredi, se veut progressiste dans tous les domaines.

Libérationjeudi 12 janvier 2017
Yannick Jadot, candidat EE-LV à la présidentielle, tente de se faire une place. Une mission pas simple : Macron, Mélenchon et la primaire du PS inondent les ondes. Et la concurrence est rude sur son propre terrain : Jean-Luc Mélenchon d’un côté et Benoît Hamon de l’autre ont verdi leur programme. Et affichent une belle cote chez les écolos. Certains parlent déjà d’un rapprochement avec l’un ou l’autre avant le premier tour. Pas très content, Jadot vient de rappeler, via un courrier interne, tous les membres du parti à l’ordre. Genre «tout le monde derrière moi». Après les mots, les actes. Le candidat d’Europe Ecologie-les Verts a convoqué la presse mercredi pour une sorte de «quatre en un» : les vœux, le programme, un slogan, «la France vive», et du monde autour de lui : les têtes du parti (David Cormand, Cécile Duflot, Karima Delli, Michèle Rivasi, Julien Bayou) et des anciens qui rôdent toujours dans les parages (Noël Mamère, Pascal Durand).
Publicité. A la fin de la conférence, un de ses proches nous a envoyé un texto : «Vous sentez monter la vague Jadot ?» Puis un second, après notre silence : «Non, mais en vrai, le discours qu’il a tenu est intéressant parce qu’il tente de s’appuyer sur la force de la société écolo pour aller chercher au-delà du parti.» Comprendre : proposer un projet qui fera saliver les militants déçus d’EE-LV et les curieux.
Du coup, on a fouillé le programme : il est composé de 76 mesures non chiffrées. Et il vise à «déverrouiller la démocratie, casser les rentes pour libérer l’économie, dépasser les conservatismes et les corporatismes pour débloquer la société», écrit le député européen. Inscrit dans une ligne progressiste (ouverture de la PMA à toutes les femmes, instauration du droit à mourir dans la dignité, légalisation du cannabis, création de 400 000 places de crèche, publication de la liste des entreprises ne respectant pas l’égalité salariale, suppression de la publicité dans les programmes jeunesse, renforcement de l’accessibilité aux handicapés, récépissés lors des contrôles de police, révision de la prescription pour les violences domestiques…), son orientation est largement sociale. Il prévoit notamment d’étendre le RSA aux 18-25 ans, de réfléchir à un revenu de base et à une réduction du temps de travail, de porter le smic à 1 800 euros brut, ou encore de fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG, rendue progressive. Mais son premier axe est évidemment écologique.
Partant du constat que «notre modèle de développement remet en cause les conditions mêmes de vie et de survie sur la planète», Jadot propose de modifier la Constitution pour que soit inscrite dans son article 1er l’expression «République écologique». Concrètement, l’ex-directeur des campagnes de Greenpeace veut une loi de sortie du nucléaire d’ici à 2035, avec un arrêt des premiers réacteurs dès 2017. Il fixe deux objectifs : 100 % d’énergies renouvelables en 2050 et zéro déchet en 2030, grâce à la lutte contre le gaspillage énergétique et alimentaire. Cette logique est soutenue par la fiscalité (avec notamment la suppression de la niche sur le diesel, dont il veut par ailleurs sortir).
«Rétrécissement». Jadot entend aussi lutter contre les conséquences des facteurs environnementaux sur la santé. Il promet d’interdire le glyphosate et les perturbateurs endocriniens et de contrôler «strictement» les nanotechnologies. Les pesticides seraient diminués de moitié durant le quinquennat avec, dans le viseur, une disparition en 2050. Dans la même logique, les cantines seraient contraintes de servir une alimentation bio et locale.
Enfin, la citoyenneté est au cœur d’un programme dont le préambule s’inquiète de «l’inquiétante tentation du vide - ou du pire» que connaîtrait le pays, et de son glissement «vers le repli nationaliste et le rétrécissement identitaire». Pour le candidat, il faut «sortir de la monarchie républicaine» en envoyant 20 % de jeunes de moins de 30 ans à l’Assemblée, laquelle serait élue à la proportionnelle, en développant les votations citoyennes ou en créant des assemblées citoyennes tirées au sort (il ne précise pas quel serait leur rôle). Et enfin accorder le droit de vote aux étrangers. Son programme présenté, il ne manque qu’une chose à Yannick Jadot : décoller.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir