Événement

Vincent Peillon, «un prof qui demande du calme quand la classe est bruyante»

Libérationjeudi 12 janvier 2017
Je suis très en retard mais ce n’est pas de ma faute, c’est celle de Libé. Le rendez-vous était annoncé pour jeudi mais en fait il s’agissait de mercredi. Me voilà dans la même situation que Peillon : j’ai un problème de calendrier. Lui qui s’est prononcé si tard sur sa participation à la primaire, il doit ressentir ce retard qui est le sien. Vincent Peillon est face à la rédaction de Libé qui n’est pas venue en masse aujourd’hui. Nous voilà autour de cet ancien prof attentif comme lors d’une UV à la fac.
C’est ça son rôle, à Vincent, un prof qui demande du calme quand la classe est bruyante. Il est prof, et de philo, deux vertus qui peuvent l’aider face aux élèves insolents du parti. Peillon fait une remarque à Valls sur le «revenu décent», rectifie Hamon, corrige Montebourg… comme un prof, quoi. Peillon a beaucoup de choses pour lui : intègre, intelligent, élégant, pédagogue… Mais ces qualités sont celles d’un autre temps, elles sont même devenues des défauts. Peillon, c’est le candidat d’une autre époque, celle où on vous écoutait quand vous parliez du fond. A l’heure de Twitter et autres réseaux sociaux, nous n’avons plus de temps à donner, nous voulons des spécificités que Peillon n’a pas. Il ne sort pas la petite phrase sur les autres candidats, il ne parle pas mal du PS malgré son état et enfin il tente de réunir Macron et Mélenchon autour d’une table. Peillon a connu une période où l’intérêt du parti primait sur les egos et dorénavant il a la preuve que l’ego prime sur la primaire. Peillon, c’est un Villepin de gauche. Un mec apprécié qui, comme son jumeau, ne disparaîtra jamais de la politique, comme la bêtise ne quittera jamais NRJ 12. Vincent Peillon me rappelle en ce premier jour des soldes que c’est un Hollande - 50 %. Non pas par le talent mais par la promesse. Quasi normal, quasi bienveillant, quasi socialiste, quasi sincère. Tout d’occase et, que je sache, pas de casier. Peillon ne peut pas être un premier choix car il vient tard dans la bagarre. Lui qui ne dormait plus depuis l’annonce du retrait de Hollande. Vincent n’est pas un mauvais politique par ailleurs mais je vous avoue que lorsqu’il nous dit «on arrête de parler d’éducation, je ne serai pas ministre de l’Education», l’audience dans son silence assourdissant aurait voulu lui dire : «Si si, Vincent.» Il a un problème à la Jack Lang, il reste attaché à un ministère. La France, ce pays d’étiquette. Derrière qui se mettra-t-il pour défendre ce qui reste de socialiste ? Vincent Peillon est là par nostalgie et par fidélité à un PS d’antan, comme un pigeon qui ne peut être séparé de Paris. Vincent Pigeon serait un jeu de mots facile qui m’enverrait au théâtre des Deux Anes. Alors qu’attendre de sa candidature inattendue ? Lui qui n’a pas donné de nouvelles durant deux ans, nous a-t-il manqué ? Où va se poser le Peillon voyageur ? Réponse fin janvier.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir