Événement

Vincent Peillon, l’hymne à la bourre

L’ex-ministre de l’Education, qui s’est déclaré après le retrait du Président, se positionne au-delà du clivage frondeurs-Valls.

Libérationjeudi 12 janvier 2017
Vincent Peillon est un faux modeste mais un vrai lucide. Lui, retiré des affaires politiques nationales, revenu à ses premières amours - la philo et l’écriture - candidat à la présidence de la République ? Ses camarades socialistes «ont pu être surpris. Moi-même, je l’ai peut-être été un peu», glisse le dernier à s’être lancé dans la primaire, après le retrait de François Hollande, avec l’espoir d’occuper l’espace politique entre Manuel Valls d’une part, et Benoît Hamon et Arnaud Montebourg de l’autre.
Passé l’effet de surprise, un mois plus tard, le député européen peine à combler ce retard à l’allumage. «C’est vrai qu’il a un peu trop de choses à dire et un peu trop de gens à retourner en un peu trop peu de temps», reconnaît un élu parisien qui le soutient. Autoproclamé «candidat du cœur de la gauche», l’ancien ministre de l’Education nationale refuse d’avoir un slogan et une agence de com pour l’épauler dans cette campagne éclair malgré l’ampleur de la tâche logistique. Il a consenti à une ou deux séances de mediatraining mi-décembre mais, sur le fond, il réfute toute impréparation, lui qui a passé les vingt dernières années à penser des projets pour le PS. D’où un programme de 62 pages rédigé seul entre Noël et le jour de l’an. «Ce genre de performance fait taire la petite musique de l’improvisation», se félicite le député Sébastien Denaja, passé de Hollande à Peillon en décembre. Peu importe si les idées concrètes s’y noient un peu dans les concepts.
L’équipe de campagne de Peillon l’a d’ailleurs briefé pour qu’il parle plus simplement. Dans un espace médiatique saturé par la primaire, dire qu’on veut limiter la taxe d’habitation est mille fois plus efficace que défendre un énième «bouclier fiscal».
S’il accepte de se plier au marathon de la primaire - quinze déplacements depuis le 11 décembre -, Peillon saupoudre sa campagne de petites leçons de socialisme, rappelant à l’ordre autant les journalistes que ses adversaires, Valls en tête, sur les principes et les valeurs de la gauche.
Pour conjurer des sondages au plancher, son équipe invoque des thermomètres jusqu’alors inconnus : Peillon était «en tête des citations internet» pendant le week-end et il y a des pics de consultations du projet à chacun de ses passages télé, notamment samedi, pendant l’émission On n’est pas couché. «Peillon plaît à une frange très bizarre de purs militants socialistes qui ont l’impression de se sentir intelligents en le soutenant», raille un socialiste non aligné. «Les gens qui l’écoutent depuis un mois nous disent : "Il dit ce qu’on pense" sur le quinquennat et la gauche», corrige son directeur de campagne, Patrick Bloche. Moins clivant que Valls, qu’il risque de priver de quelques dizaines de milliers de voix cruciales au premier tour, pas identifié aux frondeurs comme ses deux concurrents de l’aile gauche, Peillon a tout à gagner dans les débats télé. Loin de la pression, il a décidé de se préparer chez lui, seul et en «bouquinant».
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir