Événement

Sourires et politique

Libérationjeudi 12 janvier 2017
«Je fais ce que vous voulez mais je ne sais pas bien sourire !» Vincent Peillon en est alors au deuxième passage dans le «Libématon». Pourtant, son sourire, le troisième candidat à la primaire à gauche à venir dans nos locaux en a fait bon usage devant la rédaction de Libération. Moins dans les chiffres, moins dans le détail de ses propositions que ses deux «amis» Hamon et Montebourg. Le député européen garde son côté professeur de philosophie mais se fait aussi plus politique que ses prédécesseurs à la table du comité de rédaction.
«Les gens disent "il n’est pas préparé", se défend-il à son arrivée dans le bureau de Laurent Joffrin. Mais ça fait longtemps que je travaille sur ces sujets !» Ni café, ni jus d’orange, ni viennoiseries. «Juste de l’eau.» Il dit avoir reçu «300 mails» pour l’aider dans sa communication après quelques maladresses médiatiques : «Je ne peux pas ne pas écouter [ces conseils] mais j’ai une grosse capacité à fermer les écoutilles.» Sourire.
Plus politique, Vincent Peillon l’est aussi dans son positionnement de campagne. Ecartant l’idée d’une primaire de clarification de la ligne socialiste, il insiste sur sa position «au cœur» de la gauche et du PS.
L’ex-ministre de l’Education est, dit-il, le seul candidat capable d’éviter l’explosion de sa «famille historique». Durant l’interview, ses références philosophiques cochent les bonnes cases politiques : André Gorz pour les écologistes, Karl Marx pour les communistes. Ses propositions visent le «rassemblement» des socialistes et d’une gauche qui ferait le grand écart de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron : proportionnelle «intégrale», aides aux entreprises «sous conditions», «relance européenne»
Très politique aussi lorsqu’il donne du «mon ami Benoît» (Hamon) et fait remarquer que «ce que dit Arnaud [Montebourg] sur l’Europe est très loin des caricatures que l’on en fait». Certes, il rappelle au passage qu’ils ont «installé Manuel Valls» - pas lui - et «étaient [au gouvernement] au moment du pacte de responsabilité». Mais le fil rouge de ses critiques concerne l’ex-Premier ministre. Responsable de défaites «idéologiques» pour avoir porté les questions d’identité du début à la fin du quinquennat, Valls, «sur le fond et la forme», ne «rassemblera pas la gauche». Il est allé «faire la leçon» aux Allemands sur les réfugiés et serait responsable de son départ du gouvernement. Haro sur Valls ? Après la photo, Peillon s’en défend, rappelant que sa critique de Hamon le «rhabill[e] pour l’hiver». Sourire. On revient sur un moment de (légère) tension avec la rédaction, en lui faisant remarquer que l’exercice critique est lié à la passion pour le jeu politique. «Passionnel, ça me va mieux que personnel !» Juste avant de passer aux questions internet, il lance : «C’est sympa de me supporter deux heures !» Sourire encore.
Lilian Alemagna
LireLactu
Parcourir
Rechercher

Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir