SCIENCE PRATIQUE

Des coupures d'électricité cet hiver ?

Sciences et Avenirjeudi 22 décembre 2016
La France est reliée au système européen, lui-même en surcapacité.
MICHEL GILE/SIPA
CONTEXTE. Le redémarragede 7 réacteurs nucléaires annoncé pour fin décembre éloigne les risques de pénurie de courant. Plus redoutés que réels.
Pas de panique, le courant devrait passer tout l'hiver. Certes, avec une puissance inférieure de 10 000 mégawatts (MW) en décembre par rapport à celle de décembre 2015, le parc nucléaire a connu une défaillance historique. « C'est le niveau de disponibilité le plus faible depuis dix ans », admettait Réseau de transport de l'électricité (RTE, filiale d'EDF). Plusieurs réacteurs étaient arrêtés, en partie pour permettre l'inspection de cuves atteintes de défauts de fabrication. Leur redémarrage est prévu pour la fin décembre. À ce déficit s'ajoutait la fermeture de centrales thermiques, pour une capacité de 1200 MW, et une baisse de 700 MW de sources diverses. L'hydraulique présentait peu de marges de manoeuvre, les barrages étant à leur niveau décennal le plus bas. Seuls l'éolien et le solaire avaient augmenté leur capacité, de 600 MW. Au total, le déficit s'élevait à 11 300 MW.
Fallait-il s'affoler ? Non, car la France n'est pas un îlot énergétique : elle est connectée au système électrique européen, lequel est en surcapacité, à cause notamment de la montée en puissance des énergies renouvelables. Grâce à la création de nouvelles interconnexions, en particulier la liaison à courant continu avec l'Espagne, les capacités d'importation sont ainsi estimées à 12 200 gigawatts (GW), un niveau record. Les simulations de RTE montrent que la production étrangère peut couvrir de 7000 à 11 000 MW en cas de vague de froid durable. Avec un bémol : grâce à son parc nucléaire, la France est traditionnellement exportatrice. Du fait de l'arrêt des réacteurs, ces exportations ont diminué de 89 % en octobre, ce qui a contribué à faire remonter le prix européen du mégawattheure (MWh).
RTE a également signé des contrats avec des entreprises très consommatrices qui s'engagent, moyennant compensations, à stopper leur activité lors des pointes de consommation. RTE a ainsi sous le pied une capacité d'« effacement » de 3 150 MW. Si cela ne suffit pas, il peut mettre en oeuvre « l'interruptabilité » : 21 sites industriels peuvent être débranchés pour épargner 1 500 MW. En cas de vague de froid prolongée, reste la possibilité de baisser la tension sur le réseau de 5 %, réduisant ainsi la demande de 4000 MW supplémentaires. Les appareils électriques supportent cette baisse, mais ils tournent moins vite et mettent plus de temps à s'allumer. L. C.
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Sources
Challenges
Courrier international
EL PAÍS
L'Humanité
La Croix
La Vanguardia
Le Figaro
Le Monde
Le Parisien
Les Echos
Libération
NY Daily News
Sciences et Avenir